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Une majorité de Français pour l'inéligibilité des élus condamnés

De nombreux personnalités politiques condamnées dans des affaires politico-financières ont été réélues (Photo d'illustration)

De nombreux personnalités politiques condamnées dans des affaires politico-financières ont été réélues (Photo d'illustration) - Lionel Bonaventure - AFP

73% des Français se disent pour une inéligibilité absolue pour les élus condamnés dans une affaire de fraude fiscale, selon un sondage Opinionway pour Powerfoule. Un chiffre qui augmente lorsqu'il s'agit de condamnations pour corruption ou détournement de fonds publics.

Les personnalités politiques impliquées dans des affaires politico-judiciaires doivent-elles être déclarées inéligibles? A cette question, posée par l'institut de sondage Opinionway pour Powerfoule, une majorité de Français répond par l'affirmative.

Une pétition pour durcir les sanctions

Ils sont 73% à se dire favorables à une inéligibilité absolue pour les élus condamnés dans une affaire de fraude fiscale, 84% dans les cas de corruption et 85% pour détournement de fonds publics. Par ailleurs, 90% des sondés estiment que la fraude fiscale est très répandue chez les élus, et 84% pensent la même chose à propos du détournement de fonds publics et de la corruption. 

"Les Français sont écœurés par les scandales successifs d'une minorité d'élus corrompus ou fraudeurs, qui entachent l'ensemble de la classe politique", déplore François Chemilier, porte-parole de Powerfoule, dans un communiqué. Le site, qui se définit comme "mouvement citoyen", lance lundi une pétition pour demander le durcissement des sanctions contre la fraude et la corruption.

Parmi les sondés, les électeurs du Front national sont ceux qui se montrent les plus intransigeants: 81% d'entre eux appellent à l'inéligibilité des élus condamnés en cas de fraude fiscale. 68% des sympathisants PS le souhaitent, 59% au Modem et 61% à l'UMP.

Une proposition de loi déposée

Les trois candidats à la présidence du parti, Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire et Hervé Mariton, font partie des élus interpellés par Powerfoule, quatre jours avant l'élection. Au sein du parti, le député Dino Cinieri a déposé il y a quelques jours une proposition de loi visant à instaurer une peine d'inéligibilité perpétuelle pour les élus condamnés pour fraude fiscale ou corruption, avance Le Monde

En attendant, ces chiffres interpellent. Car dans un certain nombre de cas, l'implication d'élus dans des affaires de fraude fiscale n'a pas empêché leur réélection. Patrick Balkany, maire de Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine, a ainsi été réélu aux élections municipales de mars dernier, pour la 5e fois et dès le premier tour. Manuel Aeschlimann, maire UMP d'Asnières de 1999 à 2008, a été réélu en 2014, rappelle le site du Monde. Il a pourtant été condamné à 18 mois de prison avec sursis en 2011, 20.000 euros d'amende et un an d'inéligibilité pour favoritisme dans l'attribution de marchés publics.

Et la gauche n'est pas épargnée: François Bernardini, élu maires d'Istres en 2001, a été condamné un an plus tard à 5 ans d'inéligibilité après des affaires de détournement de fonds publics. Il a lui aussi été réélu en mars dernier à Istres.

Ariane Kujawski