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Une députée PS dénonce la "manip" de Bompard pour contourner le non-cumul des mandats

Jacques Bompard

Jacques Bompard - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Le député d'extrême droite a exploité une faille de la loi sur le non cumul des mandats pour rester maire d'Orange, dans le Vaucluse, tout en gardant un pied au palais Bourbon.

Démissionner de sa mairie après avoir été élu député, se faire réélire par le conseil municipal, renoncer à siéger en personne à l'Assemblée mais se faire représenter par sa suppléante. C'est le plan - certes astucieux - qu'a mis en œuvre le député Jacques Bompard, président de la Ligue du Sud, pour contourner la loi sur le non-cumul des mandats. Le franc-tireur de l'extrême droite a ainsi été réélu ce mardi maire d'Orange, dans le Vaucluse.

Une pirouette qu'a épinglé, en plein débat sur la loi de moralisation de la vie publique, la députée socialiste Laurence Dumont, qui a dénoncé mercredi un procédé "scandaleux": 

"Je veux surtout évoquer un sujet d’actualité resté bien trop discret à mon goût. Le cas d’un de nos collègues, monsieur Jacques Bompard qui a ces jours-ci trouvé un petit arrangement absolument scandaleux avec la loi limitant le cumul des mandats. En effet, après avoir démissionné de sa mairie début juin, il s’est fait réélire le 18 juin député et il s’est empressé ces jours-ci de se faire réélire maire permettant par cette manip’, puisqu’il n’y a pas d’autres mots, de faire élire sa suppléante sans passer par la case élection partielle", s'est offusquée l'élue du Calvados, dans une séquence isolée par LCP.

"Et tout cela en faisant travailler hier ses deux fils qui, bien évidemment, seront demain les collaborateurs de sa suppléante devenue députée", ajoute l'ancienne vice-présidente de l'Assemblée, alors que les représentants de la nation ont voté ce jeudi l'interdiction des emplois familiaux pour les parlementaires.

"Comme quoi, mes chers collègues, il nous faudra aussi être vigilant si l’on veut empêcher certains d’entre nous, les pires d’entre nous, de toujours chercher à contourner la loi", a conclu Laurence Dumont, détournant le célèbre "meilleur d'entre nous" accolé à Alain Juppé par Jacques Chirac.

Le maire d'Orange a répliqué à cette charge sur Twitter, estimant s'en être tenu à "la lettre" de la loi. 

Louis Nadau