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Un nouveau parti pour faire rêver les écologistes

Les écologistes français, dont Cécile Duflot, Eva Joly et Dominique Voynet (de gauche à droite) se sont retrouvés à Lyon samedi pour fonder un nouveau parti unifié avec lequel ils espèrent devenir une force politique majeure, sur fond d'impopularité du po

Les écologistes français, dont Cécile Duflot, Eva Joly et Dominique Voynet (de gauche à droite) se sont retrouvés à Lyon samedi pour fonder un nouveau parti unifié avec lequel ils espèrent devenir une force politique majeure, sur fond d'impopularité du po - -

par Caroline Girardon LYON (Reuters) - Les écologistes français se sont retrouvés à Lyon samedi pour fonder un nouveau parti unifié avec lequel ils...

par Caroline Girardon

LYON (Reuters) - Les écologistes français se sont retrouvés à Lyon samedi pour fonder un nouveau parti unifié avec lequel ils espèrent devenir une force politique majeure, sur fond d'impopularité du pouvoir et de difficultés du Parti socialiste.

Le nom de cette nouvelle organisation qui regroupera Europe écologie et Les Verts devait être connu après un vote dans l'après-midi.

A l'ouverture de la réunion, les dirigeants écologistes ont fait part de leurs espérances. "C'est un grand moment. Beaucoup l'ont rêvé, nous l'avons fait", a dit à la presse Eva Joly, ancienne magistrate d'origine norvégienne qui brigue la candidature à la présidentielle de 2012.

Cécile Duflot, patronne des Verts pressentie pour prendre la tête de la nouvelle organisation, voit s'ouvrir des perspectives.

"On écrit une nouvelle page de l'histoire", a-t-elle déclaré aux journalistes. Ce nouveau parti politique ne sera pas une force de contestation et rassemblera "de façon très large des gens qui viennent de différents horizons et pas historiquement du monde de l'écologie", a-t-elle expliqué.

Le député européen Daniel Cohn-Bendit a voulu doucher quelque peu les enthousiasmes. "Je ne crois pas que nos tendances collectives et individuelles disparaissent du jour au lendemain sous prétexte que l'on crée un nouveau parti, mais on est d'accord pour surmonter tous nos problèmes", a-t-il déclaré.

Bien qu'allié le plus souvent du PS au niveau local, le parti se veut avant tout autonome, assure Cécile Duflot avec un lapsus confondant gauche et droite.

"On ne fera pas d'accord avec la gauche", a-t-elle dit aux journalistes avant de se reprendre: "On ne fera pas d'accord systématiquement avec la gauche".

Le député européen José Bové, ancien syndicaliste du monde paysan, a exprimé l'intention de faire du parti "une alternative crédible qui apporte des solutions concrètes" au pays. "Ca ne sert à rien de se regarder le nombril, il faut apporter les bonnes solutions", a-t-il dit.

UN POTENTIEL ÉLECTORAL

Le mouvement écologiste politique est récent en France, puisque la première candidature à la présidentielle remonte à 1974 avec René Dumont, la création du parti des Verts à 1984 et sa première participation au gouvernement à 1997.

Des scores électoraux récents importants, notamment les 16% obtenus aux dernières élections européennes en 2009, puis les 12,18% aux régionales, lui ont ouvert des perspectives au moment où le PS connaît des difficultés, selon les sondages, pour retrouver une pleine crédibilité dans l'opinion.

La nouvelle organisation verte connait cependant déjà quelques problèmes. Figure connue du monde écologiste, l'avocate Corinne Lepage, députée européenne, ex-ministre de l'Environnement d'un gouvernement de droite (1995-1997), a annoncé qu'elle ne rejoindrait par le nouveau mouvement, qu'elle juge trop à gauche.

L'animateur de télévision Nicolas Hulot, qui avait utilisé sa popularité et sa notoriété pour obtenir des engagements écologistes des principaux candidats à la présidentielle de 2007, était attendu à Lyon samedi mais son attitude reste encore un mystère.

Le fonctionnement du nouveau parti risque aussi de poser problème, la diversité des cultures et des origines militantes allant encore s'accentuer. Les querelles internes du parti des Verts et ses interminables débats étaient déjà fréquemment moqués pour leur complexité et leur côté parfois surréaliste.

Afin d'élargir le public militant, la participation aux décisions internes de "coopérateurs" - des sympathisants qui n'auront pas la carte du mouvement - est prévue.

Même si Eva Joly espère faire l'unanimité, le nouveau parti sera toutefois aussi, comme les autres organisations politiques, confronté lors de ses premiers mois d'existence à l'inévitable querelle des ambitions pour la présidentielle de 2012.

Les frictions entre l'ancienne juge et Daniel Cohn-Bendit ont déjà animé les réunions cette année.

avec Thierry Lévêque à Paris, édité par Jean-Loup Fiévet