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Trêve estivale dans un climat lourd pour le gouvernement

Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant et le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, à la sortie du conseil des ministres. Le gouvernement de François Fillon a entamé une trêve estivale de trois semai

Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant et le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, à la sortie du conseil des ministres. Le gouvernement de François Fillon a entamé une trêve estivale de trois semai - -

par Yann Le Guernigou PARIS (Reuters) - Le gouvernement de François Fillon a entamé une trêve estivale de trois semaines dans un climat alourdi par...

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Le gouvernement de François Fillon a entamé une trêve estivale de trois semaines dans un climat alourdi par les affaires et la perspective d'un important remaniement annoncé pour fin octobre.

Le président Nicolas Sarkozy devrait gagner la résidence familiale de son épouse Carla, au Cap Nègre dans le Var, "au plus tard" mercredi.

Lors du dernier conseil des ministres de la saison, avancé à ce mardi, il a conseillé à ses ministres "de se reposer mais aussi de rester en lien étroit avec leur ministère", a rapporté le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.

"Il a rappelé qu'on était ministre 24 heures sur 24 et 365 jours par an et que donc il fallait être particulièrement vigilant quand on était au service des Français", a-t-il ajouté lors du compte rendu du conseil des ministres.

La secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano a traduit : "Un ministre n'est jamais vraiment en vacances. Il se détend mais il reste vigilant".

L'an passé, la crise du lait ou les craintes d'épidémie meurtrière de grippe H1N1 avaient sérieusement perturbé les vacances de ministres comme Bruno Le Maire (Agriculture) ou Roselyne Bachelot (Santé).

L'actualité estivale est cette fois plus calme, au moins pour le moment.

Mais la sérénité est loin de régner chez les ministres, confrontés à la perspective d'une rentrée agitée sur le plan social et surtout d'un remaniement qui risque de coûter leur place à plusieurs d'entre eux.

POLÉMIQUE SUR LA SÉCURITÉ

"On est parti pour trois mois d'intox, de rumeurs et de contre-rumeurs", déplorait récemment l'un d'entre eux.

La baisse des effectifs des cabinets ministériels imposée par l'Elysée, qui sera arbitrée cet été, n'a rien fait pour arranger les choses.

Luc Chatel a réfuté mardi toute idée de démobilisation des troupes.

"On ne sait pas toujours quand on devient ministre, on ne sait jamais quand ça s'arrête et, du premier au dernier jour, on doit être complètement mobilisé pour servir son pays (...). C'est le seul état d'esprit qu'on peut percevoir au sein du gouvernement", a-t-il assuré.

Les derniers jours avant la trêve auront été marqués par une polémique sur la sécurité qui a éclipsé le feuilleton du mois de juillet, celui de l'affaire Bettencourt et les soupçons de conflit d'intérêts qui pèsent en marge de celle-ci sur le ministre du Travail Eric Woerth.

Les déclarations de Nicolas Sarkozy, qui a menacé de déchoir de la nationalité française toute personne d'origine étrangère portant atteinte à un membre des forces de l'ordre et établissant un lien entre insécurité et immigration, ont été vivement dénoncées par l'opposition.

DIVERSION

Le Parti socialiste y a vu un "écran de fumée" pour masquer les problèmes du gouvernement, la situation d'Eric Woerth mais aussi d'autres ministres comme Alain Joyandet et Christian Blanc, évincés pour des écarts de conduite.

"Qui cherche à faire diversion ? Pas ceux qui parlent d'insécurité, qui est un sujet majeur de préoccupation des Français sur lequel nous obtenons des résultats. C'est plutôt ceux qui cherchent à faire de l'affaire Bettencourt une affaire d'Etat", a répliqué Luc Chatel.

Les derniers événements ont incité les ministres à faire profil relativement bas pour leurs congés. La plupart resteront dans l'Hexagone à l'exception notable du premier d'entre eux, François Fillon, qui loue comme chaque année une maison en Toscane.

Luc Chatel s'autorisera une escapade à l'exposition universelle de Shanghaï mais passera l'essentiel de son temps à La Baule et à Saint-Raphaël.

Roselyne Bachelot a aussi choisi la Méditerranée, de même que Pierre Lellouche, qui a prévu de "faire un peu de plongée du côté de Marseille".

Adepte de l'alpinisme, Eric Woerth sera comme chaque été à Chamonix. Certains préfèrent le "tourisme vert" comme Hervé Morin (pays d'Auge), François Baroin (Creuse) ou Valérie Pécresse (Corrèze).

Edité par Sophie Louet