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10 ans après Clichy-sous-Bois, 7 Français sur 10 jugent les banlieues "dangereuses"

Restes de voitures brûlées à la cité du Chêne pointu, à Clichy-sous-Bois, le 28 octobre 2005.

Restes de voitures brûlées à la cité du Chêne pointu, à Clichy-sous-Bois, le 28 octobre 2005. - Thomas Coex - AFP

Dix ans après les émeutes de 2005, l'image des banlieues ne s'est pas améliorée. Deux tiers des Français trouvent que l'Etat n'en fait pas assez pour améliorer la situation.

A l'approche du dixième anniversaire des émeutes provoquées par la mort de deux jeunes à Clichy-sous-Bois, les Français jugent durement l'action des pouvoirs publics dans "les quartiers". Les banlieues françaises pâtissent toujours d'une image négative. Plus des deux tiers des Français estiment que l'État ne fait pas assez pour elles, selon un sondage* Odoxa-Le Parisien-Aujourd'hui en France paru dimanche.

Lorsqu'il s'agit de nommer le courant politique le plus susceptible d'agir efficacement pour améliorer la situation dans les quartiers sensibles, la plupart des sondés jugent qu'aucun n'est plus apte que les autres ou ne se prononcent pas (43%). Mais ensuite le Front national (FN) est cité en premier (20%), suivi par la gauche (PS, PC, EELV) avec 14%, puis Les Républicains (LR) avec 12%.

7 Français sur 10 se méfient des banlieusards

"Pauvres" (79%), "mal entretenues" (79%) "communautarisées"(78%), "dangereuses" (71%): ce sont, selon les personnes interrogées, des adjectifs qui s'appliquent plutôt bien aux banlieues, alors que par exemple la créativité d'un point de vue culturel n'est évoquée que par 36% d'entre elles. Pour 61% des sondés, "la plupart du temps, les jeunes qui habitent dans les cités se comportent plus mal que les autres jeunes".

Les sympathisants de droite sont 78% à partager ce point de vue, contre 48% pour les sympathisants de gauche. Pour près des trois quarts des personnes interrogées (73%), la méfiance à l'égard des habitants des banlieues a progressé ces dernières années en France et ils sont encore plus nombreux (83%) à évoquer cette poussée de méfiance lorsqu'il s'agit "des habitants des cités".

Près de 7 sur 10 pensent que l'Etat n'en fait pas assez

Au total, 65% des Français donnent raison au Premier ministre Manuel Valls lorsqu'il avait parlé, après les attentats de janvier, d'un "apartheid territorial, social et ethnique" dont souffrent selon lui les quartiers en difficulté. Par ailleurs, près de sept Français sur dix (68%) pensent que l'État n'en fait pas assez pour les banlieues, quand 15% considèrent qu'il en fait trop, et 16% qu'il fait juste comme il faut. Plus de la moitié des sondés (52%) pense que les conditions de vie (logement, sécurité, emploi...) dans les quartiers sensibles n'ont pas vraiment changé. Mais plus d'un quart (27%) juge qu'elles se sont beaucoup dégradées, contre 17% qui pensent qu'elles se sont plutôt améliorées.

*Enquête réalisée auprès d'un échantillon de 1.000 Français interrogés par internet les 22 et 23 octobre.

la rédaction avec AFP