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Sondages de l’Élysée: l'ex-conseiller de Sarkozy, Patrick Buisson mis en examen

Patrick Buisson, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy

Patrick Buisson, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy - MigueI Medina-AFP

Patrick Buisson a été mis en examen mercredi dans l'enquête sur les sondages de l'Élysée, tandis qu'un autre ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Pierre Giacometti, était entendu par la police.

Interrogé depuis mercredi matin par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), dans le cadre de l'affaire sur les sondages de l'Elysée, Patrick Buisson a été mis en examen pour recel de favoritisme, abus de biens sociaux et détournement de fonds publics par un particulier, a indiqué une source judiciaire.

"L'audition de mon client a été très rapide, il s'exprimera plus tard sur le fond du dossier, mais il reste parfaitement serein", a déclaré son avocat, Me Gilles-William Goldnadel.

L'ancien directeur général d'Ipsos France, Pierre Giacometti, a été placé en garde à vue dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), selon une source proche de l'enquête.

9 millions d'euros aux instituts de sondage

L'enquête, menée depuis 2012 par le juge du pôle financier Serge Tournaire, porte sur la régularité des contrats conclus sous le quinquennat Sarkozy entre l'Élysée et neuf instituts de sondage, notamment la société Publifact de Patrick Buisson ainsi que celle de Pierre Giacometti, Giacometti-Peron.

Au total, ce serait près de 9 millions d'euros qui auraient été reversés aux instituts. Europe 1 avance le chiffre de 264 sondages au cours des deux premières années du quinquennat Sarkozy, soit un tous les trois jours environ.

Six anciens collaborateurs de Nicolas Sarkozy, dont Claude Guéant et Xavier Musca qui s'étaient succédé au poste de secrétaire général de la présidence de la République, ainsi qu'Emmanuelle Mignon, l'ancienne directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, avaient été entendus début juin dans ce dossier. Aucune mise en examen n'avait été prononcée à l'issue de ces gardes à vue.

La polémique avait débuté en 2009, après la publication d'un rapport de la Cour des comptes qui épinglait sévèrement une convention signée le 1er juin 2007 entre l'Elysée et le cabinet de Patrick Buisson "pour un coût avoisinant 1,5 million d'euros".

L'association de lutte contre la corruption Anticor avait porté plainte en février 2010. Elle n'avait obtenu que fin 2012, au prix d'une longue bataille procédurale, que le juge Serge Tournaire puisse enquêter sur des faits présumés de favoritisme et détournement de fonds publics.

A noter que l'ancien Président de la République ne peut pas être inquiété dans cette affaire, en vertu de son immunité au moment des faits.

M.G. avec AFP