BFMTV

Sexisme en politique: le "dévoilement" en est à "un tout petit stade", selon le collectif #MeTooPolitique

La conseillère de Paris et militante féministe Alice Coffin aux côtés de l'avocate Raquel Garrido au cours d'une manifestation contre les violences faites aux femmes le 25 novembre 2021.

La conseillère de Paris et militante féministe Alice Coffin aux côtés de l'avocate Raquel Garrido au cours d'une manifestation contre les violences faites aux femmes le 25 novembre 2021. - Thomas Samson

La conseillère de Paris et militante féministe Alice Coffin ainsi que la secrétaire générale du groupe LFI en Île-de-France Mathilde Viot ont tenu une conférence de presse ce vendredi, une semaine après les dernières accusant visant Nicolas Hulot.

Le collectif #MeTooPolitique a estimé vendredi qu'on en était "encore à un tout petit stade de dévoilement" d'affaires d'agressions sexuelles et sexistes en politique, une semaine après la diffusion d'accusations d'agressions sexuelles et de viol contre l'ancien ministre Nicolas Hulot.

"Un monde politique gangréné par cette question"

"On en est encore à un tout petit stade de dévoilement", a affirmé Alice Coffin, à l'initiative du collectif, lors d'une conférence de presse, rappelant qu'"il y (avait) alerte rouge" dans "un monde politique gangréné par cette question-là". "La réaction la plus épouvantable, c'est celle du président de la République", a-t-elle fustigé, alors qu'Emmanuel Macron avait souhaité mercredi ni "complaisance", ni "inquisition", à propos des accusations visant son ex-ministre de la Transition écologique.

"C'est tellement éloquent sur l'ampleur du déni français", a-t-elle jugé.

Des témoignages reçus "tous les jours" par le collectif

Mathilde Viot, secrétaire générale du groupe LFI au conseil régional d'Ile-de-France, a dénoncé "le foutage de gueule de ce gouvernement".

"Le lancement de notre collectif et la diffusion de l'enquête sur Nicolas Hulot" doivent "favoriser les réactions" avec désormais "le réceptacle pour témoigner", a plaidé Alice Coffin, assurant que le collectif #MeTooPolitique recevait "tous les jours" des témoignages de "femmes qui ont déjà parlé ou qui n'ont pas encore parlé". Trois femmes élues sur quatre ont déjà été confrontées à des remarques ou comportements sexistes, selon une enquête publiée vendredi par le réseau Élues Locales et réalisée auprès de 1.000 représentantes politiques.

Après la publication mi-novembre dans Le Monde d'une tribune signée par 285 femmes politiques appelant à "écarter les auteurs de violences sexuelles et sexistes" des partis, plusieurs formations de gauche - PS, EELV, LFI, Génération Ecologie et Génération.s - se sont engagées à "n'investir aucune personne mise en cause pour des faits de violences sexistes et sexuelles" lors des prochaines élections.

H.G. avec AFP