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Schiappa rappelle qu'"il n'est pas question de mettre des amendes aux femmes qui portent le foulard"

Invitée de BFM Politique, la ministre de la Citoyenneté a réitéré qu'elle était philosophiquement d'accord avec l'interdiction du voile aux petites filles, mais que ce n'était pas l'objet du projet de loi en cours d'examen.

Même s'il ne s'agit pas de l'objet principal du projet de loi confortant les principes de la République, le voile islamique a suscité d'âpres débats avant même que le texte ne soit examiné à l'Assemblée nationale. Dans l'hémicycle, la droite a cristallisé les discussions autour de ses amendements visant à interdire son port aux mineurs ou à l'université. Le gouvernement, quant à lui, est accusé par la gauche de vouloir stigmatiser les musulmans de France.

Récemment, des internautes ont relayé une fausse information selon laquelle la loi contiendrait une disposition visant à dresser une amende en cas de port du voile dans l'espace public. Invitée de BFM Politique ce dimanche, Marlène Schiappa a "vigoureusement" démenti cette accusation:

"Je démens formellement qu'il y ait une proposition du gouvernement visant à mettre une amende, 2500 euros ou de quelque montant que ce soit, pour le port du foulard dans l'espace public", a déclaré la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté.

"Sujet sensible"

Citant l'exemple de Latifa Ibn Ziaten, du nom de cette mère voilée dont le fils a été assassiné par Mohamed Merah en 2012, la binôme de Gérald Darmanin place Beauvau a insisté qu'il n'était évidemment "pas question de mettre des amendes aux femmes qui portent le foulard" et qu'il "n'en sera pas question".

Toutefois, a-t-elle constaté, "on voit à quel point on est là sur un sujet sensible et sur, parfois, des manipulations de l'information". Interrogée par ailleurs à nouveau sur la question de l'interdiction du port du voile pour les fillettes, qui a fait l'objet d'un amendement rejeté de la marcheuse Aurore Bergé, Marlène Schiappa a réitéré sa position.

"Philosophiquement, je suis d'accord avec le fait de dire que je ne vois pas la raison qui ferait qu'on irait voiler une petite fille de deux ans, de quatre ans. Maintenant, quelle est l'accroche juridique que nous avons et quel type de loi faisons-nous?", s'est-elle demandée.
Jules Pecnard Journaliste BFMTV