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Sarkozy s'efforce de calmer les aigreurs chez les élus UMP

Nicolas Sarkozy a reçu les députés UMP à déjeuner mercredi à l'Elysée et s'est efforcé de calmer les aigreurs provoquées dans une partie de la majorité par la reconduction de François Fillon au poste de Premier ministre et la formation du nouveau gouverne

Nicolas Sarkozy a reçu les députés UMP à déjeuner mercredi à l'Elysée et s'est efforcé de calmer les aigreurs provoquées dans une partie de la majorité par la reconduction de François Fillon au poste de Premier ministre et la formation du nouveau gouverne - -

par Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy s'est efforcé mercredi de calmer les aigreurs provoquées dans une partie...

par Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy s'est efforcé mercredi de calmer les aigreurs provoquées dans une partie de l'UMP par la reconduction de François Fillon au poste de Premier ministre et la formation du nouveau gouvernement.

Trois jours après la nomination d'une équipe recentrée autour du noyau dur gaulliste et néo-gaulliste et au lendemain d'une intervention explicative à la télévision, le président de la République a reçu à déjeuner les députés UMP à l'Elysée.

Pour la première fois dans ce type de rencontre, le Premier ministre a également pu prendre la parole, ont rapporté des participants, qui y voient l'esquisse d'un nouveau modus operandi au sein du couple exécutif.

Les élus issus du RPR - ancêtre de l'UMP - étaient en grande majorité favorables au maintien de François Fillon à Matignon et affichaient leur soulagement à la sortie de l'Elysée.

"Nous avions une crainte, que l'on change de Premier ministre, et ça a duré cinq mois", a confié le député de Paris Bernard Debré.

En revanche, beaucoup, venus du centre, auraient préféré l'ex-ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo.

Les composantes non gaullistes du parti présidentiel ont également été irritées de se voir réduites à la portion congrue dans le nouveau gouvernement, voire carrément écartées.

"Il est certain que beaucoup sont venus avec quelques aigreurs", a admis le député de la Moselle François Grosdidier, selon qui Nicolas Sarkozy a demandé aux élus de sa majorité de ne pas "réactiver les vieux clivages".

Selon François Grosdidier, le chef de l'Etat a fait valoir que "le plus grand nombre de ministres dont il s'est séparé étaient des UMP canal RPR et que ça avait été douloureux".

"CHACUN A LA BONNE FONCTION"

Nicolas Sarkozy a ajouté qu'il faisait "totalement confiance à Jean-Louis Borloo pour continuer à animer les centristes dans l'intérêt de la majorité présidentielle", a ajouté cet élu, dont les informations sont confirmées par d'autres participants.

Le chef de l'Etat leur a annoncé qu'il déjeunerait jeudi avec l'ex-ministre de l'Ecologie, qui est aussi président du Parti radical - une formation politique associée à l'UMP - et a préféré reprendre sa liberté faute d'obtenir Matignon.

Tout à sa volonté réconciliatrice, le chef de l'Etat a également évoqué l'arrivée à la tête du parti du président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, avec qui ses relations n'ont pas toujours été sans nuages.

Selon François Grosdidier, il a dit "que quand il confiait la direction du mouvement à Jean-François Copé, c'était bien la preuve qu'il voulait, en oubliant toutes les querelles passées, que chacun soit à la bonne fonction, la plus utile au pays."

Les participants ont également noté un changement dans le comportement des deux têtes de l'exécutif.

"Pour la première fois dans ce genre de réunion à l'Elysée, le président de la République a donné la parole au Premier ministre", a ainsi rapporté la députée Chantal Brunel.

"Il était plus posé, plus calme", a confirmé Bernard Debré. "Il y a effectivement un autre équilibre qui est plus agréable".

Selon Chantal Brunel, François Fillon a rappelé les députés UMP à la rigueur budgétaire et souligné que certains amendements "coûtent cher" et remettent en cause l'objectif du gouvernement de réduction des déficits publics.

Nicolas Sarkozy est revenu sur les chantiers des 18 derniers mois de son quinquennat - réforme de la fiscalité du patrimoine et de la dépendance, poursuite du "Grenelle de l'environnement", simplification administrative, etc.

Il s'est également prononcé en faveur de la mise en place d'un "livret épargne industrie" pour réorienter l'épargne vers les filières industrielles.

Avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse