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Sarkozy reçoit à nouveau Villepin sur fond de mauvais sondages

Dominique de Villepin (de profil) à son arrivée à l'Elysée. Nicolas Sarkozy a reçu l'ancien Premier ministre pour la deuxième fois en deux semaines. L'entretien portait officiellement sur la préparation du Conseil européen de vendredi consacré à la situat

Dominique de Villepin (de profil) à son arrivée à l'Elysée. Nicolas Sarkozy a reçu l'ancien Premier ministre pour la deuxième fois en deux semaines. L'entretien portait officiellement sur la préparation du Conseil européen de vendredi consacré à la situat - -

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a reçu lundi Dominique de Villepin pour la deuxième fois en deux semaines, au moment où un sondage montre que le...

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a reçu lundi Dominique de Villepin pour la deuxième fois en deux semaines, au moment où un sondage montre que le chef de l'Etat pourrait être devancé par Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle.

L'entretien, autour d'un petit déjeuner, portait officiellement sur la préparation du Conseil européen de vendredi consacré à la situation en Libye et en Afrique du Nord, en faveur duquel l'ancien Premier ministre avait plaidé lors de sa précédente visite à l'Elysée, le 24 février.

Dominique de Villepin, qui s'est abstenu de toute déclaration à sa sortie, a indiqué dans une interview publiée lundi par Le Parisien que ce nouveau rendez-vous, rendu public par l'Elysée, avait eu lieu à la demande de Nicolas Sarkozy.

A la question de savoir si ces deux rencontres coup sur coup signifiaient un rapprochement avec le chef de l'Etat, après des années d'animosité qui ont culminé avec l'affaire Clearstream, il a répondu :

"Cela veut dire qu'il y a d'énormes difficultés ! Mon indépendance je l'ai clairement affirmée. Cela ne saurait interdire, au contraire, d'aider mon pays face à d'aussi graves défis sur le plan extérieur ou intérieur".

Cet entretien est intervenu au moment où la cote de popularité de Nicolas Sarkozy est au plus bas dans les sondages.

Une enquête Harris Interactive publiée ce week-end montre en effet qu'il serait devancé par la présidente du Front National Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle si elle avait lieu aujourd'hui.

SONNETTE D'ALARME

La même enquête crédite Dominique de Villepin de 7% d'intentions de vote.

Une ancienne proche de l'ancien Premier ministre, Marie-Anne Montchamp, qui est entrée au gouvernement lors du dernier remaniement, l'a appelé ce week-end à ne pas être candidat en 2012.

Le ministre du Budget et porte-parole du gouvernement, François Baroin, est allé dans le même sens lundi sur Europe 1. "Dominique de Villepin a toute sa place dans la majorité. S'il peut la retrouver le plus vite possible, ce sera aussi un élément de réponse à M. Louis Harris", a-t-il dit en référence au dernier sondage.

"Je ne la souhaite pas", a-t-il ajouté en réponse à une question sur une candidature présidentielle de Dominique de Villepin.

Dans son interview au Parisien, l'intéressé oppose à ces appels une fin de non recevoir. "Qui peut croire que taire les différences fera reculer l'extrémisme ? Pourquoi ceux qui, comme moi, ont tiré depuis quatre ans la sonnette d'alarme devraient-ils s'effacer ?", déclare-t-il, ajoutant :

"S'engager, cela ne relève pas du désir personnel ou de l'ambition, c'est à mon sens un devoir de responsabilité".

Dimanche soir sur i>Télé, Dominique de Villepin avait indiqué qu'il présenterait un programme en avril au nom de son mouvement, République solidaire.

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse