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Sarkozy prône une révision de la diplomatie française

Nicolas Sarkozy lors du discours d'inauguration du nouveau siège de l'Organisation internationale de la Francophonie. Le chef de l'Etat a prôné vendredi une révision des "traditions" de la diplomatie française, au lendemain du vote à l'Onu d'une résolutio

Nicolas Sarkozy lors du discours d'inauguration du nouveau siège de l'Organisation internationale de la Francophonie. Le chef de l'Etat a prôné vendredi une révision des "traditions" de la diplomatie française, au lendemain du vote à l'Onu d'une résolutio - -

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a prôné vendredi une révision des "traditions" de la diplomatie française au lendemain du vote par le Conseil de...

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a prôné vendredi une révision des "traditions" de la diplomatie française au lendemain du vote par le Conseil de sécurité de l'Onu d'une résolution autorisant le recours à la force en Libye.

Le silence et l'immobilisme sur les droits de l'homme préparent de "grands dangers", a déclaré le président français lors de l'inauguration du nouveau siège de l'Organisation internationale de la Francophonie, à la veille d'un sommet Union européenne-Ligue arabe-Union africaine sur la crise libyenne.

"La stabilité, qui était le maître mot de toute action diplomatique il y a quelques années, est-elle conforme à nos convictions profondes ?" a-t-il poursuivi.

"Au nom de la stabilité, est-ce qu'on n'a pas condamné des peuples en Europe, au Moyen-Orient, ailleurs dans le monde, à l'injustice, au non respect des droits de l'homme, simplement parce que la stabilité tranquillisait ceux qui bénéficiaient de la démocratie ? Est-ce que nous ne devons pas nous aussi revisiter notre vocabulaire diplomatique ?" a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy avait juré au soir de son élection, le 6 mai 2007, que la France serait "du côté des opprimés".

"Ceux qui sont adeptes de la realpolitik ne sont pas si réalistes que cela. Ils cantonnent l'action diplomatique à un effort pour ne rien changer à la réalité du monde", avait-il déjà dit le 28 février pendant sa campagne.

Mais sa promesse de ne pas sacrifier les droits de l'homme aux intérêts économiques et politiques français, notamment en Chine et en Russie, a vite été mise en sourdine et la France s'est laissée surprendre par le "printemps arabe" en Tunisie et en Egypte, en décembre et janvier dernier.

La France a en revanche été en pointe pour faire voter au Conseil de sécurité de l'Onu la résolution 1973, qui autorise la communauté internationale à recourir à la force pour mettre un terme à la répression de l'opposition libyenne.

"Toutes ces crises, je les vis plutôt comme une espérance, la nécessité de revoir nos concepts, de revisiter nos traditions, d'apporter de nouvelles idées", a souligné le chef de l'Etat français. "J'aurai l'occasion dans les heures qui viennent de dire un certain nombre de choses."

La France accueillera samedi à l'Elysée un sommet arabo-afro-européen pour coordonner la mise en oeuvre de la résolution 1973 par la communauté internationale.

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse