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Sarkozy papa : événement politique ou pas ?

Nicolas Sarkozy jeudi matin devant la clinique de La Muette, dans le XVIe arrondissement de Paris, où son épouse Carla Bruni-Sarkozy a donné naissance mercredi soir à une petite fille.

Nicolas Sarkozy jeudi matin devant la clinique de La Muette, dans le XVIe arrondissement de Paris, où son épouse Carla Bruni-Sarkozy a donné naissance mercredi soir à une petite fille. - -

Nicolas Sarkozy s'est réjoui ce jeudi de la naissance de sa fille tout en marquant une volonté de discrétion qui tranche avec le début de son quinquennat. Selon vous, cette naissance constitue-t-elle un événement politique et rendra-t-elle le président plus populaire ?

Carla Bruni-Sarkozy, la troisième épouse âgée de 43 ans du Chef de l’Etat, a donné naissance ce mercredi peu avant 20 heures à une petite fille à la clinique de la Muette, dans le XVIe arrondissement de Paris. Le prénom de l'enfant, tenu secret pendant quelques heures - Nicolas Sarkozy laissant "le plaisir" à son épouse de le révéler -, est finalement "Giulia". "Tous les parents ici peuvent comprendre la joie très profonde que Carla et moi on ressent. Chacun également peut comprendre que c'est une joie d'autant plus profonde qu'elle est privée", a dit le président lors d'une visite dans une entreprise de Changé (Mayenne).

Cette naissance est une première en France pour un président en exercice. Nicolas Sarkozy, qui aimait à s'inspirer de l'imagerie des Kennedy, fut aussi le premier chef d'Etat français à divorcer (le 18 octobre 2007 de Cécilia Ciganer-Albéniz) et à se marier (le 2 février 2008 avec Carla Bruni) durant son mandat. Deux événements largement médiatisés qui ont nourri les critiques de ses détracteurs l'accusant d'exhibition "bling bling".

« 5 points dans les sondages »

Depuis le début de la grossesse de l'épouse du chef de l'Etat, la stratégie de communication de la présidence a radicalement changé, répondant pour une part au voeu de la Première dame. Mais l'Elysée tient aussi parer à tout soupçon d'instrumentalisation d'une naissance très commentée sur les réseaux sociaux, alors que la cote de popularité de Nicolas Sarkozy reste au plus bas à six mois de la présidentielle.
"Un bébé, c'est cinq points dans les sondages", confiait récemment un ministre au magazine féminin Grazia, évoquant notamment les cas des Premiers ministres britanniques Tony Blair et David Cameron, dont la cote avait connu une brève embellie après la naissance d'un enfant. "Le président de la République nous a habitués à faire des arguments politiques de tout, donc j'espère qu'il n'en fera pas un avec celui-là", a commenté le député socialiste Jérôme Cahuzac sur Canal+. L'épouse du chef de l'Etat, qui a prévenu en septembre qu'elle "ferait tout pour protéger cet enfant", sera tiraillée entre les exigences de sa qualité de première dame et ses réflexes de "mère poule", comme elle aime à se définir.

« Un cadeau pour notre pays »

Carla Bruni-Sarkozy a fait l'expérience d'un précédent, qualifié de douloureux. En visite privée en janvier 2008 sur le site jordanien de Petra, avec Nicolas Sarkozy, elle avait été contrainte de masquer le visage de son fils, juché sur les épaules du président, alors qu'ils étaient mitraillés par des photographes. "Ça a été une grande erreur. (...) On ne fait pas un enfant pour la galerie", confiait-elle en septembre. Evoquant son bébé à venir, dont elle ne souhaitait pas connaître le sexe, elle ajoutait : "Je ne montrerai jamais de photos de cet enfant, je n'exposerai jamais cet enfant. Je pense que l'exposition à la vie publique est un choix d'adulte".

"Un président bien dans sa peau, bien dans sa tête, bien dans sa vie, c'est un cadeau pour notre pays, c'est une chance pour la majorité en tous cas", a estimé le ministre de la Défense, Gérard Longuet, sur i>TELE.

La Rédaction, avec Reuters