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Sarkozy multiplie les mots bienveillants envers Macron

Emmanuel Macron accueille Nicolas Sarkozy à l'Élysée

Emmanuel Macron accueille Nicolas Sarkozy à l'Élysée - LUDOVIC MARIN / AFP

Lors de ses rares prises de paroles publiques, l'ancien chef de l'État se montre particulièrement indulgent avec le président de la République.

La rencontre n’était pas à l’agenda présidentiel. Le 7 décembre, à la veille de l’acte IV des gilets jaunes, Emmanuel Macron a reçu Nicolas Sarkozy dans le cadre des consultations qu’il menait pour préparer son allocution télévisée. Un déjeuner très discret, sur lequel aucun des deux hommes n’a voulu communiquer. Si l’ancien chef de l’État se gardait déjà bien de critiquer le président de la République, estimant que ce dernier était déjà “bien servi en la matière”, il arbore depuis cette rencontre une attitude particulièrement bienveillante à l’égard d’Emmanuel Macron. À l’Élysée, on minimise l'importance du déjeuner: “le président a reçu son prédécesseur, tout comme d’autres personnalités politiques". La relation entre les deux hommes est qualifiée de “cordiale, respectueuse et républicaine”.

Il n’empêche que depuis le début du quinquennat, Emmanuel Macron a dialogué à plusieurs reprises avec le ténor de la droite. Une relation qui tranche avec celle, plus houleuse, que le président entretient avec François Hollande, dont il fut d’abord le conseiller, puis le ministre.

"Donnons lui du temps"

Dans ses rares prises de paroles publiques, Nicolas Sarkozy prend soin de ménager le nouveau locataire de l’Élysée. En octobre dernier, dans un entretien accordé au Point, il exhortait déjà les Français à accorder “du temps” à Emmanuel Macron. "Je ne suis plus dans le combat politique. Je sais combien il est difficile de satisfaire toutes les attentes nées d'une élection. Je m'abstiendrai donc de le critiquer. Et c'est si facile de détruire. Donnons-lui le temps. Les Français s'exprimeront lors des prochaines échéances électorales”, avait confié Nicolas Sarkozy dans les colonnes de l’hebdomadaire.

L’ancien président, de passage à Montpellier ce mercredi, a une nouvelle fois tenté de calmer les passions qui se déchaînent à l’encontre du président. Dans une interview pour le quotidien régional Midi Libre, il a estimé qu’Emmanuel Macron faisait “ce qu’il pouvait”. “Je veux aider mon pays, je ne critiquerai nullement”, a tranché Nicolas Sarkozy. Au sujet du grand débat national voulu par le président pour calmer la grogne des gilets jaunes, ce dernier a cependant un avis plus tranché.

"Nous sommes à l’arrêt. Le monde accélère à une vitesse stupéfiante et nous, non seulement nous sommes à l’arrêt, mais nous reculons. Là, on va discuter, on va demander l’avis aux gens dans la rue pour faire quelque chose. Avec ça, vous ne ferez plus rien! Si pour faire quelque chose tout le monde doit être d’accord, restez couchés, parce que personne n’est jamais d’accord”, a regretté l’ancien chef de l’État.

Macron envoie aussi des signes à Sarkozy

De son côté, Emmanuel Macron a également envoyé des signaux forts à Nicolas Sarkozy. Lors de son allocution télévisée de 13 minutes, le 10 décembre, il a notamment fait une annonce qui n’est pas passée inaperçue chez les sarkozystes. Devant les Français, le président de la République a annoncé le rétablissement partiel de l’exonération des heures supplémentaires d'impôt et de cotisation sociale, une mesure phare du quinquennat Sarkozy, abrogée par François Hollande. La mesure, qui figurait au programme du candidat Macron, n’était pourtant prévue que pour septembre prochain.

Le président a également chargé Nicolas Sarkozy de le représenter dimanche prochain à l'investiture de la nouvelle présidente géorgienne Salomé Zourabichvil. Le palais de l’Élysée explique que ce choix relève d'une "démarche pragmatique et ponctuelle, dont la raison est le lien de Nicolas Sarkozy avec la Géorgie". L’ancien président a en effet agi comme médiateur lors du conflit avec la Russie en 2008.

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Nicolas Sarkozy

Valentine Arama