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Sarkozy fait durer le suspense sur le sort d'Alliot-Marie

Nicolas Sarkozy fait durer le suspense sur le sort de sa ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, au coeur d'une polémique sur ses vacances et ses amitiés tunisiennes. Selon son entourage, le chef de l'Etat ne fera "aucune communication" av

Nicolas Sarkozy fait durer le suspense sur le sort de sa ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, au coeur d'une polémique sur ses vacances et ses amitiés tunisiennes. Selon son entourage, le chef de l'Etat ne fera "aucune communication" av - -

Nicolas Sarkozy fait durer le suspense sur le sort de sa ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, au coeur d'une polémique sur ses vacances et ses amitiés tunisiennes.

Selon son entourage, le chef de l'Etat français ne fera "aucune communication" avant son intervention de ce dimanche soir 20h00 à la télévision et à la radio.

Ce qui signifie que si remaniement ministériel il y a, il ne devrait pas intervenir pas avant cette intervention de huit à 10 minutes qualifiée de "très importante" par l'Elysée.

Nicolas Sarkozy a passé la plus grande partie du week-end à sa résidence de la Lanterne, à Versailles.

Selon son entourage, il ne devait regagner l'Elysée que dimanche après-midi pour préparer son intervention du soir et n'avait "aucun rendez-vous à son agenda".

Dimanche matin, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, n'est resté qu'une heure à l'Elysée, alors que des techniciens s'affairaient à la préparation de l'intervention du chef de l'Etat dans la bibliothèque du palais présidentiel.

Cette intervention, qui devrait être enregistrée un peu avant sa diffusion, portera sur la situation internationale, qualifiée à l'Elysée de "tellurique", et sur ses conséquences pour la France, précise une source proche du président.

"Il n'est pas anodin que le chef de l'Etat intervienne maintenant, alors que la situation en Tunisie, en Egypte et en Libye a des conséquences sur la politique extérieure et intérieure de la France", souligne un conseiller.

"MESSAGE CLAIR"

"Il est important que le président de la République puisse donner une feuille de route et des perspectives d'évolution de la France dans un monde qui bouge énormément", ajoute-t-il. "Notre pays, qui est la cinquième puissance mondiale, doit avoir un message clair pour le monde et rassurant pour les Français."

Nicolas Sarkozy entend ainsi répondre aux préoccupations des Français vis-à-vis de l'évolution du monde, de son impact sur leur quotidien et des menaces que cela implique, notamment en matière de sécurité et d'immigration, explique ce conseiller.

Cela va bien au-delà des questions de personnes, fait-on valoir à l'Elysée, sans nier que celles-ci font partie du "contexte" dans lequel la France se débat aujourd'hui.

"Tout est dans tout", souligne-t-on de même source, en précisant que le chef de l'Etat devrait annoncer les décisions qu'il entend prendre "à court, moyen et long terme" pour préserver le poids de la France dans le monde.

Au-delà de la perte de crédibilité de Michèle Alliot-Marie du fait de ses relations avec la Tunisie du président déchu Zine ben Ali, le "printemps arabe" a révélé le profond malaise qui couvait depuis longtemps dans la diplomatie française.

Un groupe de diplomates en activité ou à la retraite a ainsi dénoncé la semaine passée dans une tribune au vitriol la façon dont Nicolas Sarkozy pilote la politique étrangère française.

DÉPART D'ALLIOT-MARIE INÉLUCTABLE

Le départ rapide de Michèle Alliot-Marie est jugé inéluctable, tant au sein du gouvernement que dans la majorité.

Le scénario le plus probable est son remplacement au Quai d'Orsay par l'actuel ministre de la Défense, Alain Juppé, qui a déjà été ministre des Affaires étrangères dans le passé et jouit d'un préjugé favorable au Quai d'Orsay.

Alain Juppé, qui avait refusé les Affaires étrangères lors du remaniement du 14 novembre, aura sans doute à coeur d'obtenir la garantie d'avoir les coudées franches.

Cela pourrait se traduire par le départ de l'Elysée de Claude Guéant, qui a joué un rôle important dans la définition et la conduite de la politique étrangère française depuis 2007.

Selon ce scénario, Claude Guéant remplacerait au ministère de l'Intérieur Brice Hortefeux, un proche de Nicolas Sarkozy dont il n'est plus certain qu'il reste au gouvernement.

Le président du groupe UMP au Sénat Gérard Longuet pourrait remplacer Alain Juppé à la Défense - poste pour lequel le nom de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin est aussi cité.

Nicolas Sarkozy pourrait enfin être tenté de profiter de ce remaniement pour faire entrer trois centristes à des postes de secrétaire d'Etat - un mouvement qui était initialement envisagé pour le lendemain des élections cantonales de mars.

"Remettre ça dans un mois donnerait un sentiment d'instabilité avec des relents de IVe République", fait valoir un ministre sous couvert de l'anonymat.

Quant à l'ancien secrétaire d'Etat Yves Jégo, il plaide carrément un changement de Premier ministre.