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Salaires des patrons : regrets au PS, satisfaction à l'UMP

Pierre Moscovici assure que le Medef et l'Association française des entreprises privées (Afep) « se sont engagés à présenter rapidement un renforcement ambitieux de leur code de gouvernance ».

Pierre Moscovici assure que le Medef et l'Association française des entreprises privées (Afep) « se sont engagés à présenter rapidement un renforcement ambitieux de leur code de gouvernance ». - -

La décision du ministre de l'Economie Pierre Moscovici de ne pas légiférer sur les salaires des dirigeants d'entreprise a été saluée vendredi par l'UMP et regrettée par le député PS Jean-François Cambadélis, qui dément toutefois toute "reculade" de son camp.

Pas touche aux salaires des patrons. Dans un entretien aux Echos, le ministre de l'Economie Pierre Moscovici annonce qu'il n'y aura pas de projet de loi spécifique sur la gouvernance des entreprises, contrairement à ce qu'avait annoncé en mars la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. Pierre Moscovici, qui avait déjà été plus prudent à l'époque, et a déclaré dans Les Echos qu'il tablait sur un code de gouvernance adopté par le patronat.
La taxe à 75% sur les salaires supérieurs à 1 million d'euros par ans sera en revanche soumise au Parlement dans le cadre du budget 2014.

« C'était de la démagogie, un mensonge de plus »

« C'est bien qu'il renonce à limiter les salaires du patron et que ça se fasse dans un cadre du conseil d'administration ça me convient plutôt mieux », a estimé le chef de file des députés UMP Christian Jacob sur RTL. « Ça se fera naturellement et là où on peut éviter des réglementations, ce n'est pas plus mal ». Pour le député UMP des Yvelines, Henri Guaino, les socialistes reconnaissent « une fois de plus qu'ils avaient menti ». « Autant les rémunérations sont souvent excessives, autant penser qu'on va régler ce problème par une loi spécifique est à mon avis une absurdité dont le gouvernement s'est rendu compte », a estimé l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy. « C'était de la démagogie cette promesse électorale, un mensonge de plus ».

« Ce n'est pas une reculade, mais… »

Une analyse contestée par le secrétaire national du PS, Jean-Christophe Cambadélis qui nie tout recul gouvernemental. « Ce n'est pas une reculade, mais à l'évidence, on n'est pas au niveau que nous nous étions nous-mêmes fixé », a reconnu le député PS de Paris sur i>Télé. « La réalité de la crise est complexe, c'est très, très difficile aujourd'hui de faire passer ce type de loi dans un moment où nous avons besoin de tous pour avancer (...) Il est évident qu'on aurait aimé que cela puisse être fait », a-t-il dit.

Le gouvernement, « porte-parole officiel du Medef »

Pierre Moscovici précise dans Les Echos avoir rencontré la semaine dernière la présidente du Medef, Laurence Parisot, et le président de l'Association française des entreprises privées (Afep), Pierre Pringuet, « qui se sont engagés à présenter rapidement un renforcement ambitieux de leur code de gouvernance ». La décision du ministre de l'Economie « est peut-être le prix d'un ralliement supplémentaire à la politique patronale », a déploré sur i>Télé l'ancien porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Olivier Besancenot, qui accuse le gouvernement d'être « devenu pratiquement le porte-parole officiel du Medef ». « Même une toute petite mesure de gauche, et bien le gouvernement n'est pas prêt à le faire », a-t-il dit.

J.V. avec Reuters