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Rossignol attaque Poisson et son alternative à l'IVG qui est "d'abandonner l'enfant" à sa naissance

Laurence Rossignol, ministre des Familles, sur le plateau de BFMTV

Laurence Rossignol, ministre des Familles, sur le plateau de BFMTV - BFMTV

Alors que l'Assemblée nationale examine ce jeudi la proposition de loi créant un délit d'entrave numérique à l'IVG, Laurence Rossignol a dénoncé sur BFMTV "l'alternative à l'avortement" proposée par Jean-Frédéric Poisson qui est "de mener la grossesse à terme et d'abandonner l'enfant".

La proposition de loi sur le délit d'entrave numérique à l'IVG sera examinée à l'Assemblée nationale ce jeudi. Un texte qui divise alors que le groupe Les Républicains a annoncé qu'il voterait contre. Ils veulent défendre la "liberté d'expression" alors que le gouvernement entend lutter contre des informations "tronquées ou mensongères". 

"Pas le droit de diffuser des mensonges"

Laurence Rossignol, la ministre des Familles, de l'enfance et des droits des femmes a débattu avec Jean-Frédéric Poisson, candidat malheureux à la primaire de la droite et président du Parti chrétien-démocrate, ce mercredi sur BFMTV de cette proposition.

Selon la ministre, "ce n'est pas la même chose d'émettre une opinion et de diffuser des fausses informations".

"La liberté d'expression n'inclut pas le droit de diffuser des contre-vérités, des mensonges, des informations volontairement faussées pour dissuader les femmes de recourir à une IVG. Par exemple écrire que les femmes qui ont suivi une IVG seront stériles, qu'elles ne s'en remettront pas, qu'elles feront des cauchemars toute leur vie, que le traumatisme concernera aussi toute leur famille et que les enfants qui viendront après une IVG, si elles se sont pas stériles, seront eux-aussi traumatisés."

"Les alternatives qui sont possibles pour elles"

Mais pour le député des Yvelines, l'information officielle donnée sur l'avortement est incomplète et déséquilibrée. Cette loi serait, selon lui, "une atteinte à la liberté d'information". Jean-Frédéric Poisson dénonce également "une politique du tout avortement" qui ne propose pas aux femmes "d'autres solutions".

"Dans les cas où un certain nombre de femmes ne trouvent pas d'autre solution, parce qu'on ne leur propose pas, que celle de recourir à l'avortement, il est normal qu'elles puissent trouver des endroits où s'informer sur les alternatives qui sont possibles pour elles."

"L'autre solution, c'est l'abandon de l'enfant"

Laurence Rossignol lui a répondu, en précisant qu'il n'était pas question d'interdire ces sites, "mais d'étendre le délit d'entrave aux informations tronquées et faussées destinées à tromper les femmes". La ministre a par ailleurs pointé le paradoxe des propos du député:

"L'IVG est une alternative à une grossesse non désirée ou qu'une femme ne peut pas assumer. Quand on me parle d'alternative à l'IVG, il n'y en a qu'une: c'est la grossesse menée à son terme. Vous devriez dire que, pour vous, l'autre solution qui est proposée, c'est soit de mener la grossesse à terme et de l'élever, ce qui est un conseil compliqué quand on a une jeune fille de 15 ans, ou c'est l'abandon de l'enfant. Parce que c'est ça, pour vous, l'alternative à une IVG."

Céline Hussonnois-Alaya