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Retraites: vers une mise à l'écart de la réforme

Gilles Le Gendre à l'Assemblée nationale, le 11 décembre 2018.

Gilles Le Gendre à l'Assemblée nationale, le 11 décembre 2018. - THOMAS SAMSON / AFP

La réforme des retraites se profile comme l'une des victimes collatérales de l'épidémie de coronavirus. Le patron des députés LaRem explique qu'elle devra être mise de côté si elle met en péril le pacte républicain.

Si elle empêche un pacte républicain de se conclure après la crise sanitaire, "la réforme des retraites devra être mise de côté", estime Gilles Le Gendre, le président du groupe La République en marche à l'Assemblée, dans un entretien au JDD ce dimanche.

Le président du groupe LaREM juge ainsi que "la réforme des retraites a montré à quel point notre démocratie sociale est épuisée". "Entre deux réformes utiles, il faudra toujours choisir celle qui rassemble les Français. Si elle empêche le pacte républicain de se conclure, la réforme des retraites devra être mise de côté", affirme-t-il.

Une manière d'écarter un peu plus une réforme mise en difficulté avec la crise sanitaire. La rapporteure de l'un des volets de la réforme, la députée LaRem Cendra Motin, expliquait déjà ce vendredi qu'il sera "très très compliqué de retrouver un moment politique" pour relancer cette réforme. "Je ne sais pas comment on va faire", confiait la parlementaire marcheuse.

"Nous devrons revoir nos équilibres politiques"

Par ailleurs, dans Le Parisien, "un important ministre" explique que le chef de l'Etat "prépare un très grand discours sur le monde d'après", avec de grandes annonces, "potentiellement la suppression de certaines réformes. Dans sa ligne de mire, il y a celles des retraites et de l'audiovisuel public".

Pour construire le pacte républicain, il faudra selon Gilles Le Gendre, chercher "le consensus le plus large avec les forces politiques, les élus locaux, les syndicats, les associations et les citoyens. À l’Assemblée nationale, notre majorité devra faire prévaloir le compromis plutôt que l’affrontement". Autant dire que cela sera compliqué, compte tenu de l'opposition franche pendant les débats sur la réforme des retraites. 

Pour le numéro un des députés de la majorité, il faut "une réinvention de nos modèles, français, européens, mondiaux, mais résister aux vieilles lunes, comme l’acte de décès de la mondialisation", prévient-il.

Il estime que l'après-crise sanitaire "pourrait s’inscrire dans un nouveau 'pacte républicain'", qui "reposerait sur trois piliers : le redémarrage de l’économie, de nouvelles solidarités et protections, et la transition écologique". 

"L’urgence juge-t-il, ce sera la réparation, mais elle s'accompagnera d’une refondation radicale: nous devrons revoir nos équilibres politiques pour rassembler les Français et aussi changer notre manière d’associer ces derniers à l’action publique".

"L’hôpital – c’est acté – bénéficiera d’un plan d'investissement massif. Mais ce n’est pas qu’affaire d’argent. Nous devons poursuivre la réforme déjà engagée de notre système de santé", ajoute-t-il, souhaitant aussi ne pas abandonner la "loi sur la dépendance", qui "illustrerait parfaitement les nouvelles solidarités".

C.Bo. avec AFP