BFMTV

Reporter les vacances d'été? Les professionnels du tourisme sont sceptiques

30 députés "Les Républicains" ont préconisé ce vendredi un report des congés d'été vers la première quinzaine de septembre, ainsi que le décalage de la rentrée des classes pour venir en aide au secteur du tourisme. Ce samedi, la proposition suscite davantage de critiques que de soutiens de la part des acteurs concernés.

Partir plus tard en vacances pour sauver ce qui peut encore l'être. C'est en quelque sorte la substance de la proposition de trente députés LR, emmenés par Marc Le Fur, élu breton et vice-président de l'Assemblée nationale, et Philippe Gosselin, député élu dans la Manche, dans un communiqué émis ce vendredi.

Réclamant des "clarifications urgentes pour le tourisme" au vu des "interrogations nombreuses des professionnels du tourisme, inquiets pour la saison estivale", ils suggèrent en effet de prévoir un dispositif de défiscalisation des réservations en France. Ils se tournent vers le gouvernement, lui demandant "d'indiquer si les plages, les campings, les parcs naturels seraient rouverts au public d'ici début juillet". Surtout, ils lui suggèrent, devant ces incertitudes, "de reporter les congés de la première quinzaine de juillet sur la première quinzaine de septembre, en reportant également à la mi-septembre la rentrée des classes".

"Tout est tellement bousculé"

Le député Philippe Gosselin a fait valoir ce vendredi sur notre antenne: "Il n’y a pas si longtemps que ça quand on était gamin on avait une rentrée des classes qui se faisait à la mi-septembre, les vacances pouvaient se prolonger, les stages pouvaient se prolonger." Il a enchaîné:

"Tout est tellement bousculé en ce moment qu’on essaye de trouver quelques bonnes idées. Je ne prétends pas que ce soit l’alpha et l’oméga pour les restaurants, le tourisme etc. mais peut-être que ça peut aider si on a une saison qui démarre plus tardivement à la prolonger un peu sans aller trop loin, et apporter un peu d’oxygène parce qu’on va en avoir besoin." Une certaine prudence dans le ton, comme une anticipation des réserves des acteurs du tourisme. 

"Beaucoup est déjà perdu"

Car pour l'instant la proposition soulève au mieux un enthousiasme modéré, au pire un fort scepticisme. Sur notre antenne, ce samedi matin, Antoine Parra, maire d'Argelès-sur-Mer dans les Pyrénées-Orientales, a posé, fataliste: "Je suis favorable à toutes les propositions qui pourraient sauver la saison, en sachant que beaucoup est déjà perdu car en principe ici la saison commence à la mi-avril". 

Jean-Virgile Crance, président du Groupe national des chaînes hôtelières et vice-président de la Confédération des Acteurs du Tourisme, a lui laissé entendre sur notre chaîne que les parlementaires se trompaient de priorité: "Le premier objectif c’est de pouvoir rouvrir les établissements de restauration, les bars le plus vite possible. Nous avons la capacité de pouvoir rouvrir d’ici quelques semaines les établissements qui ont été fermés." Ceux-ci devraient en savoir plus autour de la fin mai. 

Les enseignants peut-être? "C’est une proposition qui semble avant tout guidée par des impératifs économiques alors que nous, en matière de scolarité, d’ouverture des collèges et des lycées, il nous semble que l’impératif doit être celui de la santé des élèves et des personnels", a tancé Sophie Venetitay, secrétaire générale adjointe du SNES FSU.

Mais ce samedi, Valérie Boyer, députée LR élue dans les Bouches-du-Rhône, et elle aussi engagée autour de la proposition de report des vacances d'été, l'a martelé: "Il s'agit de sauver ce secteur si vital pour notre économie qu'est le tourisme". Elle a rappelé les chiffres: "Le tourisme, c'est 7,2% du PIB et deux millions d’emplois". Enfin, Valérie Boyer a souligné qu'en dehors d'un report des congés et de la rentrée, les stations françaises devraient affronter un autre enjeu: faire le plein de nationaux. Elle a ainsi évoqué "une grande campagne qui pourrait s’appeler 'Je pars en France' pour que les Français restent en France, consomment en France. Nous n’aurons pas de touristes étrangers en France cette été."

Robin Verner