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Remaniement: pour Julien Bayou, notre "maison brûle et le président regarde ailleurs"

Julien Bayou, le 17 avril 2019 à Paris

Julien Bayou, le 17 avril 2019 à Paris - JOEL SAGET

Réagissant à la nomination de Jean Castex, le secrétaire national Europe Écologie Les Verts (EELV) juge "qu'Emmanuel Macron est déjà dans la présidentielle".

Emmanuel Macron n'a pas su prendre la vague verte, regrette Julien Bayou, secrétaire national Europe Écologie Les Verts (EELV). Réagissant sur notre antenne à la nomination de Jean Castex comme Premier ministre, le leader écologiste estime que le président de la République pense davantage à 2022 qu'à écouter les préoccupations sociales et environnementales des Français, comme ils l'ont fait comprendre aux urnes dimanche dernier.

"De l'ancien ripoliné"

"On nous avait parlé d'un acte 2 du quinquennat qu'on a pas vu, ni sur la justice sociale, ni sur l'environnement", déplore Julien Bayou. Rappelant les propos tenus par le Président lors de son discours de fin de confinement où il prônait un "nouveau chemin", le secrétaire national EELV affirme que "tout repart comme avant".

"Plutôt qu'un nouveau modèle de société, on a de l'ancien ripoliné, on a un homme de droite (...) qui succède à un homme de droite. (...) La réalité est que tout est flou, rien n'avance."

Interrogé sur le fait de rejoindre le gouvernement de cet ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy et de Xavier Bertrand, Julien Bayou répond laconiquement: "Pas particulièrement. (...) On n'attend pas grand chose, malheureusement, de ce gouvernement."

2022 dans le viseur

Pour le patron des écologistes, Emmanuel Macron n'a que sa réélection en tête:

"On a le sentiment qu'Emmanuel Macron est déjà dans la présidentielle plutôt que dans [un] projet pour le pays, qu'il choisit quelqu'un qui ne lui fera pas d'ombre pour pouvoir être sur le devant de la scène."

Enfin, Julien Bayou dénonce les nombreux "discours verts" proclamés et le peu d'actes qui suivent depuis des années. Notre "maison brûle et le président regarde ailleurs", conclut Julien Bayou, reprenant les mots de Jacques Chirac prononcés à Johannesburg en 2002.

Esther Paolini Journaliste BFMTV