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Régionales dans le Grand Est: retour sur 18 heures de bras de fer

Le maintien au second tour de Jean-Pierre Masseret dans le Grand Est a provoqué de nombreux rebondissements.

Le maintien au second tour de Jean-Pierre Masseret dans le Grand Est a provoqué de nombreux rebondissements. - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Le Grand Est connaît un lendemain de premier tour agité, après le premier tour des régionales. En dépit des consignes du Parti socialiste, le candidat Jean-Pierre Masseret a décidé de se maintenir au second tour. Retour sur 18 heures de bras de fer.

L’histoire de la nouvelle la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine a commencé par plus de 18 heures de rebondissements politiques. Au soir du premier tour des élections régionales, ce dimanche, le FN arrive en tête avec plus de 36% des votes exprimés, plus de dix points devant le candidat de droite, Philippe Richert (25,83%). Le socialiste Jean-Pierre Masseret est loin derrière, ne décrochant que 16,11% des suffrages. Or, ce dernier refuse de retirer sa liste, malgré les injonctions de l'état-major du Parti socialiste, qui souhaiterait ainsi faire barrage au Front national.

> Dimanche, 22h, la consigne de Cambadélis

Après des résultats très faibles, le Premier secrétaire du PS appelle au retrait des listes socialistes dans les régions où le FN est en tête et "où la gauche ne devance pas la droite". Trois régions sont visées par cette déclaration: le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, la région Paca et l’Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. Les candidats socialistes des deux premières, Pierre de Saintignon et Christophe Castaner, suivent la consigne et annoncent rapidement leur retrait. Mais pas le troisième.

> "Vous ne l’imaginez quand même pas?"

Dans la foulée, Jean-Pierre Masseret s’y oppose: 

"Je suis un homme de gauche et vous n’imaginez quand même pas que je vais laisser 5,5 millions d’habitants gérés entre une droite qui est partie à l’extrême ou l’extrême droite nationaliste", déclare la tête de liste socialiste au micro de BFMTV.

> Lundi, 7h48, Cambadélis annonce le retrait

Invité de RTL ce lundi matin, le patron du PS démarre son interview par ces trois mots: 

"Nous nous retirerons", évoquant la situation en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. "Quand on se retire, ce n'est pas pour bouder, c'est pour gagner", précise Jean-Christophe Cambadélis.

> Démenti illico

Rapidement contacté par BFMTV, Jean-Pierre Masseret dément cette information quelques minutes plus tard. Le candidat socialiste refuse toujours de se rétracter en dépit des nombreuses pressions de son parti, du gouvernement et d’autres élus. Lundi matin à 10h30, il réunit en urgence ses colistiers à son QG de Maizières-les-Metz, afin de préparer la riposte.

> Lundi, 13h15, confirmation du maintien

Non, c’est non. Jean-Pierre Masseret ira jusqu’au bout. Le candidat socialiste confirme le maintien de sa liste au second tour lors d’une conférence de presse. "Nous avons le devoir de porter le programme que nous avons porté", a estimé la tête de liste. "Plutôt que de se retirer, il s’agit de se confronter au FN", a-t-il poursuivi.

> Les radicaux et les écolos ne suivent pas

Peu de temps après, le Parti radical de gauche et la liste écologiste annoncent sur France 3 Alsace ne pas se rallier à Jean-Pierre Masseret au second tour. Les deux camps appellent même à voter pour Philippe Richert (Les Républicains), suivant ainsi la consigne donnée par le Premier secrétaire du PS. Cette triangulaire semble malgré tout jouer à l’avantage de Florian Philippot, le candidat frontiste. Déjà en ballottage favorable, ces nombreuses déconvenues jouent en sa faveur.

> Lundi, 16h15, Masseret persiste et reste

"C’est leur responsabilité", répond sur BFMTV Jean-Pierre Masseret, aux partis de gauche ne souhaitant pas se rallier. "La mienne, c’est de mener le combat que j’ai engagé", a-t-il estimé. "Vous ne me ferez pas porter le chapeau de la victoire du Front national. Si victoire il y a, ce sera le résultat des électeurs", a conclu la tête de liste socialiste en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine.

A cette heure-ci, la liste PS pour le second tour est sur le point d’être déposée à la préfecture de Strasbourg. Le sort politique de la région devrait donc se jouer lors d'une triangulaire dimanche. A moins qu’un nouveau rebondissement ne scelle définitivement le sort du Grand Est.

Pierjean Poirot