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Réforme des rythmes scolaires : les élus réagissent aux annonces de Hollande

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L’échelonnement de la réforme sur deux ans et l’enveloppe de 250 millions d’euros annoncés mardi par le président réjouissent les élus et le principal syndicat du primaire, unanimes sur un point : « Il faut du temps ».

Les élus des communes rurales ont fait part de leur soulagement mardi après les annonces de François Hollande. Le président s’est en effet voulu rassurant à l’occasion du Congrès des maires de France. Il a échelonné la réforme des rythmes scolaires sur deux ans et a annoncé un fonds de 250 millions d'euros pour aider des communes qui franchiront le pas en 2013, citant les communes rurales et les « villes les plus en difficulté ».Le président de la République a annoncé mardi sur BFMTV son souhait de réussir la réforme « dans la concertation ».

« Le temps pour prévoir les budgets et trouver des solutions »

Les édiles des communes concernées accueillent positivement des ajustements estimés nécessaires. Bernard Thivend, maire de Pouilly-les-Nonains (Loire), se réjouit de l’échelonnement sur deux ans en pointant l’importance du personnel, des locaux et des activités à mettre en place lors des temps périscolaires.
Michel Bossard, élu de Nieul-sur-l'Autise, une commune vendéenne de 1 300 habitants, souligne quant à lui l’importance des moyens financiers à mobiliser : « Si le temps scolaire s’arrête à 15h30, que fait-on des enfants jusqu’à 16h30, est-ce à la commune de les prendre en charge, est-ce que les services de l’Etat nous donneront les moyens humains et financiers pour s’en occuper ? Il faut aussi avoir les infrastructures sportives et culturelles capables de recevoir les enfants. » Il ajoute que le délai « laissera du temps pour prévoir les budgets et trouver des solutions ».
De son côté, Sébastien Sihr, le secrétaire général du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, applaudit la prise en compte par François Hollande « des inquiétudes exprimées par un certain nombre de communes pas prêtes à s’engager à temps. A partir du moment où on n’a pas la garantie que la réforme pourrait se mettre en place partout de façon satisfaisante, s’il faut mettre deux ans pour la réussir, et bien il faut donner du temps ».

« Les enfants ont assez attendu »

La FCPE, principale fédération de parents d'élèves, fait part quant à elle de sa volonté d'une réforme mise en place « sans attendre », par la voix de son président Jean-Jacques Hazan : « Les enfants ont assez attendu. Nous invitons toutes les mairies à reprendre le chemin de la raison. Certaines villes ont dit qu’elles avaient besoin d’une aide financière : une aide et un plan importants de 250 millions ont été décidés, il y a donc largement de quoi aider un certain nombre de communes qui n’ont pas de quoi arbitrer ».
Quoi qu'il en soit, certains écoliers renoueront avec la semaine de 4 jours et demi à la rentrée 2013, les autres attendront 2014. Vincent Peillon a qualifié ces annonces de « véritable avancée » qui va « inciter beaucoup de monde à s'engager ». Le ministre de l'Education nationale considère l’année scolaire des écoliers français comme « trop chargée et concentrée », d’où un retour à la semaine de 4,5 jours, abandonnée en 2008 par la droite. 

La Rédaction, avec A. Manoli et B. Smadja