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Réforme constitutionnelle: Macron tenté par la voie référendaire

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

La tentation d'un plébiscite et la crainte d'un camouflet au Congrès poussent le chef de l'Etat à envisager de plus en plus sérieusement le référendum pour faire adopter sa réforme de la Constitution.

Pari risqué, mais le jeu en vaudrait la chandelle: d'après Le JDD, l'option du référendum pour faire adopter la réforme constitutionnelle prévue pour le printemps gagne de plus en plus de crédit aux yeux du chef de l'Etat.

"J'irai jusqu'au bout", prévenait déjà Emmanuel Macron en privé début janvier. Autrement dit, si les les voix des sénateurs de droite manquent au Congrès pour obtenir la majorité des trois cinquièmes nécessaire pour modifier la loi fondamentale, le président de la République semble résolu à utiliser l'autre procédure à sa disposition: le référendum.

Plébiscite

Bête noire des présidents depuis l'échec du scrutin portant sur l'adoption d'une Constitution européenne en 2005, le référendum peut cependant apparaître comme un plébiscite en cas de succès, renforçant la légitimité de l'exécutif.

"Si vous regardez les courbes sondagières, vous vous dites que le coup du référendum mérite d'être tenté, explique au JDD un député influent de la majorité. Et ça lui irait tellement bien..."

Malgré une légère baisse selon les derniers sondages, la cote de popularité d'Emmanuel Macron (50% d'opinions favorables) l'autorise en effet à songer au référendum, quand celles de ses prédécesseurs récents leur interdisaient d'emblée cette option, tournant très facilement au vote sanction.

Bras de fer

Cette solution se dessine de plus en plus nettement, à mesure que le président Les Républicains du Sénat, Gérard Larcher, affermit son opposition sur les "lignes rouges" de cette réforme: la réduction d'un tiers du nombre de parlementaires et le cumul des mandats dans le temps. De fait, le patron du "plateau" dispose d'un véritable pouvoir de blocage.

"Aujourd'hui, on ne sait pas du tout si on aurait les trois cinquièmes", avoue un conseiller du président de la République. "Tout le monde se regarde, s'examine, se renifle."

Épouvantail

Le résultat d'un bras de fer au Congrès demeure très incertain, alors que, dans la majorité, l'épouvantail référendaire ne fait pas peur. Le député du Val-d'Oise Aurélien Taché affiche ainsi sa confiance dans les colonnes du JDD:

"Si ça bloque avec Larcher, il faut y aller. La mesure la plus populaire, c'est la suppression d'un tiers des parlementaires. Si on allait au référendum, on aurait un oui. Là-dessus, il ne faut pas avoir peur."

D'autant que, contrairement au général de Gaulle, le président de la République n'a pas encore mis pour l'heure sa démission dans la balance.

Louis Nadau