BFMTV

Reconstruction de LR: refusant la "sinistrose", Larcher veut "élargir l'espace politique"

Gérard Larcher, le président du Sénat, ce samedi 31 août 2019

Gérard Larcher, le président du Sénat, ce samedi 31 août 2019 - Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

Le président du Sénat a prévu de sillonner la France et d'enchaîner les rendez-vous politiques avec un objectif, rebâtir le parti.

Le président du Sénat Gérard Larcher a refusé "la sinistrose ambiante" ce samedi devant les militants de son parti affaibli Les Républicains, souhaitant "élargir l'espace politique" de la droite au centre, en "commençant par le local".

Le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, a pour sa part souhaité "repartir des idées et ne pas avoir peur de défricher des champs nouveaux" comme l'écologie ou la biotechnologie, sans attendre "un sauveur".

"Je refuse la sinistrose ambiante. (...) J'ai vécu beaucoup de marées d'équinoxe. J'ai connu aussi des vents porteurs", a déclaré devant quelque 300 militants réunis à La Baule Gérard Larcher. "Les dernières élections européennes n'ont pas amélioré le moral des troupes (LR a obtenu 8,48% des voix, NDLR) mais nous en avons connu d'autres. (...) Cette fois encore je pense que nous pouvons nous redresser", a ajouté le sénateur des Yvelines.

"Renoncer n'est pas dans nos gènes"

Gérard Larcher a entrepris de sillonner la France pour rebâtir le parti en s'appuyant sur les maires, "clés de voûte de la République", et des conventions thématiques, qui déboucheront sur une grande convention le 10 octobre.

"Jamais, jamais, je n'accepterai la disparition de nos familles de pensée. (...) Pour le gaulliste que je suis, renoncer n'est pas dans nos gènes. Déserter quand ça va mal n'est pas dans notre construction", a déclaré Gérard Larcher.

Plusieurs ténors du parti ne sont pas venus à La Baule, alors que d'autres ont quitté le parti ou sont tentés par des alliances aux municipales de mars 2020 avec La République en marche, le parti présidentiel. La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a ainsi claqué la porte de LR en juin et organise ce samedi sa propre rentrée en Corrèze.

Pour Gérard Larcher, "il faut nous mobiliser pour reconquérir et élargir l'espace politique que nous représentons, nous les Républicains, mais aussi avec nos amis du centre", en "commençant par le local". "Les Républicains doivent se nourrir des territoires et de la proximité".

Écrire "un scénario différent"

"Nous ne gagnerons qu'ensemble", a ajouté le sénateur, qui rejoindra dimanche les représentants des territoires François Baroin (maires) et Dominique Bussereau (départements), autour d'Hervé Morin (régions), dans l'Eure. Il a souhaité que les Républicains écrivent "un scénario différent" de celui d'un "duel" entre la République en marche et le Rassemblement national. "Ca ne sera ni le front du refus systématique (ni) être le supplétif d'une majorité et du président de la République".

Bruno Retailleau a rappelé qu'il avait renoncé à la course à la présidence de LR pour éviter une "guerre des chefs" et n'avait pas organisé de rentrée pour son mouvement Force républicaine parce qu'il "voulait faire une rentrée dans la cathédrale LR, dont il faut rebâtir les refondations"."Est-ce que nous sommes morts ?", a-t-il demandé aux militants. "Non", ont répondu quelques uns.

Le sénateur de Vendée a invité les Républicains à "croire en eux-mêmes" et "arrêter de changer de ligne après chaque élection". "La droite n'est pas morte" parce que "les Français refusent cette impasse démocratique" du duel entre En Marche et le RN, en soulignant les différences "abyssales" entre LR et ces partis. "Emmanuel Macron fait semblant mais il n'y aura jamais de résultats", selon lui.

Manon Fossat avec AFP