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Primaire à gauche: que proposent les sept candidats?

Les candidats de la primaire de la gauche

Les candidats de la primaire de la gauche - Capture d'écran BFMTV.

Sept prétendants ont vu leur candidature officiellement retenue par la Haute autorité des primaires citoyennes pour participer à ce scrutin organisé par le PS les 22 et 29 janvier prochains. BFMTV.com passe en revue leurs principales propositions.

Ils seront finalement sept. La Haute autorité des primaires citoyennes (HAPC) a annoncé, ce samedi, la liste des prétendants sélectionnés pour participer à la primaire organisée par le PS les 22 et 29 janvier prochains.

Au total, elle a reçue 24 candidatures, dont "douze sérieuses". Sept d'entre eux pourront concourir. BFMTV.com passe en revue les principales propositions des candidats retenus.

Les quatre candidats du Parti socialiste

Manuel Valls (PS), 54 ans

Entré dans la course le 5 décembre, Manuel Valls présentera son projet au tout début du mois de janvier. L'objectif de l'ancien Premier ministre qui, avec le renoncement de François Hollande, apparaît comme le candidat "naturel" de la gauche de gouvernement: se muer en candidat du rassemblement sans se renier. Mais sa marge de manœuvre est étroite.

Manuel Valls ne présentera son projet que tout début janvier. Jeudi, celui qui a quitté Matignon il y a un peu plus d'une semaine a bousculé la campagne pour la primaire du PS: il a surpris avec la proposition choc d'une suppression "hors texte budgétaire" du 49.3, une arme controversée qu'il avait pourtant utilisée pour imposer la loi Travail. Cette suppression, qui nécessite une réforme constitutionnelle, pourrait faire l'objet d'un référendum à la rentrée 2017, s'il est élu président. 

  • Vincent Peillon (PS), 56 ans

La partie ne sera pas facile non plus pour Vincent Peillon. Le député européen, qui s'est déclaré dimanche alors qu'il était en retraite médiatique depuis plus de deux ans, va devoir rapidement constituer une équipe et rédiger un programme. Jeudi, l'ancien ministre de l'Education a indiqué qu'il le dévoilerait "le 6 janvier". "Il sera complet, il sera crédible, il sera financé", a-t-il dit.

L'ancien ministre de l'Education pourra sans doute pour ce faire puiser dans les propositions de "La Fabrique", le courant de Karine Berger qui lui a apporté son soutien, et de la maire de Paris Anne Hidalgo, qui a promis de mettre par écrit début janvier ses "convictions".

Arnaud Montebourg (PS), 54 ans

Arnaud Montebourg espère s'imposer face aux "deux frères du hollandisme" qu'incarnent selon lui Vincent Peillon et Manuel Valls, qu'il avait contribué en 2014 à faire nommer à Matignon. Incarnant une ligne plus à gauche du parti, celui qui avait totalisé 17% des voix à la primaire de 2011 se veut, depuis, le chantre de la "démondialisation". L'ancien ministre de l'Economie a proposé jeudi une "relance keynésienne de nature écologique", estimant que la transition écologique était porteuse d'"activité vertueuse" donc de croissance.

Auto-estampillé "candidat de tous les peuples de gauche" à la primaire, Arnaud Montebourg se pose en "rassembleur" pour contrer la droite. "La stratégie que je propose est une stratégie d'alliance avec Jean-Luc Mélenchon (France insoumise) et Yannick Jadot (EELV) pour construire un programme commun de gouvernement, et ensuite nous tourner vers la proposition ultralibérale qui est celle de M. Fillon, et un peu celle de M. Macron", explique-t-il. 

Benoît Hamon (PS), 49 ans

En lice depuis fin août, Benoît Hamon est porté ces derniers jours par une "dynamique" favorable: désigné par les sondages comme le "troisième homme" de la primaire jusqu'à l'arrivée de Vincent Peillon, l'ancien ministre de l'Education espère créer la surprise dans ce scrutin. 

Lors de son premier grand meeting, au gymnase Japy à Paris mercredi, le député des Yvelines a développé les grands axes de son programme: revenu d'existence universel, inscription dans la Constitution de la nécessité de protéger les biens communs, plan de sortie du diesel...

Les candidats des autres partis

  • Jean-Luc Bennahmias (Front démocrate), 62 ans

Investi par l'Union des Démocrates et écologistes (UDE), Jean-Luc Bennahmias veut lors de cette primaire trouver les clés pour "reconstruire une majorité progressiste" en brassant "au-delà de la gauche", dans un spectre allant "de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon" à celui de "Nathalie Kosciusko-Morizet à droite".

Parmi les idées-forces que l'ancien député européen souhaite soutenir, un "revenu universel autour de 800 euros", l'introduction "de la proportionnelle" dans les scrutins, la mise en place "d'un objectif de développement durable, qui va de pair avec l'économie circulaire, et ce qui a été fixé dans la Cop 21", le respect de "l'exception culturelle française" mais aussi la possibilité d'un "service civique obligatoire de 6 mois ou un an".

François de Rugy (Parti écologiste), 42 ans

Il a pour ambition d'incarner une "troisième voie sociale-écologiste". François de Rugy, président du Parti écologiste, a présenté vendredi ses propositions pour placer l'écologie "au cœur du projet présidentiel". Le député de Loire-Atlantique souhaite notamment atteindre 100% d'énergie renouvelable d'ici à 2050, en renforçant notamment la production de véhicules électriques, pour atteindre 100% de ventes en 2025, afin de "retrouver notre indépendance énergétique, notre autonomie".

François de Rugy défend aussi un service civique obligatoire de trois mois, pour les jeunes de 16 à 25 ans. Il propose de légaliser l'euthanasie et le suicide assisté pour les personnes en fin de vie, ouvrir la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes et encadrer la gestation pour autrui. Et enfin d'instaurer un vote obligatoire ainsi que la reconnaissance "réelle" du vote blanc qui, s'il représente plus de 50% des suffrages, donnera lieu à l'organisation d'un nouveau scrutin.

Sylvia Pinel (PRG), 39 ans 

La présidente du Parti radical de gauche (PRG) Sylvia Pinel, qui a été ministre de Jean-Marc Ayrault (PME et Artisanat) et de Manuel Valls (Logement) avant de quitter le gouvernement pour prendre la vice-présidente du Conseil régional d'Occitanie, est la seule femme à participer à la primaire. Le parti, bien que ne faisant plus partie de la Belle alliance populaire, s'est finalement ravisé mercredi en revenant sur sa récente décision de présenter une candidature autonome à la présidentielle. 

"Comme en 2011, nous entendons participer à ce temps de démocratie moderne et proposer aux Français notre programme empreint des valeurs du centre-gauche républicain, laïque, progressiste et européen que nous incarnons", écrivait-elle jeudi dans sa lettre de candidature à la primaire de la gauche, sans détailler plus ses propositions.

Violette Robinet avec AFP