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Pour Manuel Valls, le procès de Salah Abdeslam est "douloureux mais nécessaire" 

Manuel Valls était notre invité ce lundi soir. Il est revenu sur l'ouverture du procès de Salah Abdeslam ce même jour à Bruxelles.

S'il est aujourd'hui député apparenté La République en marche élu dans l'Essonne, Manuel Valls était Premier ministre au moment des attentats de novembre 2015 à Paris et Saint-Denis. Ce lundi soir, invité sur le plateau de notre journaliste Ruth Elkrief, il a évoqué l'ouverture ce même jour en Belgique du procès de l'un des membres de ces commandos terroristes, Salah Abdeslam, qui est jugé pour sa participation présumée dans une fusillade à Forest lors de sa cavale.

"Je pense forcément aux victimes, aux associations, à toutes les victimes des attentats de 2015 comme de 2016, à ce qu’elles peuvent vivre et j’imagine ce qu’elles vont vivre, pas seulement cette semaine mais dans les deux ou trois ans qui viennent jusqu’aux procès des attentats de Paris et de Saint-Denis", a débuté Manuel Valls. "Ce seront des moments très douloureux et en même temps essentiels, il faut qu’il y ait des procès", a-t-il poursuivi. 

"Tenir ces procès, c'est la force de la démocratie" 

Pour l'ancien chef du gouvernement, ces audiences illustrent le caractère de nos démocraties: "C’est la force de notre démocratie de tenir ces procès, nous l’avons vu avec le procès Merah. C’est douloureux, mais il faut aller jusqu’au bout". 

Interrogé sur la stratégie de défense de Salah Abdeslam qui a fait valoir son droit au silence et a défié la justice belge lors du premier jour de son procès, Manuel Valls a lancé: "Il ne faut pas oublier que ces terroristes ne changent pas. Les attentats, l’horreur, la prison, ne changeront rien, il n’y a ni rédemption ni demande de pardon à attendre de leur part. Ils continuent avec leur idéologie qui est de confondre évidemment l’islam, les musulmans avec les attentats." Il a alors défini le rôle des responsables publics comme une faculté à lutter contre cette confusion: "Toute notre tâche c’est de faire en sorte qu’il y ait une séparation totale entre l’islam, l’islamisme, l’islam politique et le jihadisme. Eux, les terroristes, ce qu’ils cherchent à faire, c’est se victimiser donc il faut être très clair, et la justice doit passer."
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Manuel Valls

Robin Verner