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Pour l'économiste de gauche Jacques Sapir, "le FN a changé"

Jacques Sapir, lors d'un congrès de Nicolas Dupont-Aignan, en 2010.

Jacques Sapir, lors d'un congrès de Nicolas Dupont-Aignan, en 2010. - François Guillot - AFP

L'économiste, qui se revendique de gauche, prône la création d'un rassemblement anti-euro qui pourrait un jour être allié au FN, "qui a changé ces dernières années", selon lui.

Pour Jacques Sapir, des barrières commencent à tomber sur l'échiquier politique. L'économiste français et chercheur en relations internationales, ancien soutien du Front de Gauche, estime dans les colonnes de Libération qu'un rapprochement entre le Front national et le parti anti-euro qu'il aimerait voir exister un jour en France pourrait être envisageable à l'avenir si le parti d'extrême droite continue d'évoluer.

"Il faut distinguer le comportement des militants et le discours officiel du FN. Dans ce dernier, voilà plusieurs années que l’on ne relève aucun caractère raciste ou xénophobe", explique Jacques Sapir au quotidien. 

Interrogé également par Causeur, Jacques Sapir précise: "La véritable question est de savoir si le Front national intègrera un jour assez de principes républicains pour que l’on admette que des relations, mêmes distantes, avec lui sont possibles. Seul le futur nous le dira."

Il fustige la monnaie unique

Des déclarations qui viennent compléter le premier pavé dans la mare, lancé vendredi dernier lors d'un entretien accordé au Figaro Vox. Dans cette interview, l'économiste y expose sa vision de l'Europe, qui ne sortira de la crise selon lui qu'avec une sortie de la zone euro, qu'il juge responsable "de la très faible croissance" et "de politiques néfastes" dans les pays membres.

Une alternative économique qui "implique d'associer des forces de gauche à des forces souverainistes". "A partir du moment où l'on se donne comme objectif prioritaire un démantèlement de la zone euro, une stratégie de large union, y compris avec des forces de droite, apparaît non seulement comme logique mais aussi nécessaire", poursuit-il. 

La "mutation non-achevée" du FN

Poussé à clarifier ces déclarations par Libération, Jacques Sapir assume. "On ne peut plus nier que le FN ait changé ces dernières années. Cela ne veut pas dire que cette mutation soit achevée. Aujourd’hui, l’alliance que je préconise n’est d’ailleurs pas possible, il y aurait trop de divergences. Cela ne veut pas dire qu’elle ne le sera jamais."

Et les conditions de cette alliance pour l'économiste, qui se dit "sans ambiguïté de gauche" mais admet adhérer à la vision de Nicolas Dupont-Aignan sur la souveraineté, passent notamment par une clarification de la "position du FN sur les Français musulmans", et sur l'économie et le social, programme dans lequel "il est facile de relever des incohérences", conclut-il. 

Alexandra Gonzalez