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Pour Henri Guaino, François Fillon incarne une droite "qui n'a aucune humanité"

Le député Les Républicains Henri Guaino, le 7 décembre 2015 à Paris.

Le député Les Républicains Henri Guaino, le 7 décembre 2015 à Paris. - DOMINIQUE FAGET - AFP

Henri Guaino, qui souhaite lui aussi se présenter à la présidentielle, ne se reconnaît pas dans le programme économique et social de François Fillon.

On ne sait pas si Henri Guaino, député Les Républicains (LR) élu dans les Yvelines et ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy, pourra se présenter à la présidentielle, comme il en a l’intention. Ce qu’on sait en revanche, c’est que jamais il ne votera François Fillon. Henri Guaino réprouve le programme économique et social du vainqueur de la primaire de la droite et du centre. Rappelant le volet social du gaullisme dont il se réclame, l'élu s'est montré sans ambiguïté ce lundi matin au micro d'Europe 1: "Ce programme, je le combattrai avec toute mon énergie et jusqu’au bout."

"Ce n'est pas ma droite"

Henri Guaino s’est encore plus clairement désolidarisé de celui qui était l’hôte de Matignon lorsque lui-même travaillait à l’Elysée comme conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, en sonnant ensuite une charge virulente: "Ce n’est pas ma droite. François Fillon est le candidat d’une droite qui n’a aucune générosité, aucune humanité. Nicolas Sarkozy, il avait beaucoup de défauts, mais il avait plus d’humanité, au moins."

Jamais à court de références historiques, Henri Guaino n’a pas choisi les plus flatteuses pour désigner l’ex-chef de gouvernement. Il l’a ainsi rapproché d’Adolphe Thiers, artisan de l'écrasement de la Commune de Paris en 1871, et du gouvernement déflationniste mené par Pierre Laval en 1935 (Henri Guaino a tenu à préciser qu’il ne pensait pas à la carrière politique de Pierre Laval sous l’Occupation). Il a conclu en ces termes: "Si on devait appliquer le programme de François Fillon, nous affaiblirions considérablement la nation parce que nous détruirions son unité."

Henri Guaino ne voit pas de "petits risques" dans le domaine de la santé

Quelques jours plus tôt, dans une interview accordée au site Atlantico, Henri Guaino avait déjà évoqué sa forte hostilité à la façon dont François Fillon avait abordé la question sociale durant la primaire:

"Ce que je discerne derrière tout cela, c'est que c’est peut-être le pire programme de casse sociale qui a été imaginé depuis 1944. Et ce n’est pas un homme de gauche qui vous dit cela. (…) Ce sont les politiques économiques absurdes qui minent la protection sociale et non la protection sociale qui détruit l’économie."

Un point de la feuille de route filloniste blesse particulièrement la fibre sociale du gaulliste: la volonté affirmée du candidat de la droite d’exclure "les petits risques" de la couverture maladie. "L’idée de sortir "les petits risques" de la couverture maladie est à mes yeux moralement inacceptable et intellectuellement absurde (…). On sait très bien que le petit risque peut se transformer en grand risque", lance le député des Yvelines. 

Pas sûr que les élus proches de François Fillon acceptent de donner à Henri Guaino leur signature en vue de la présidentielle.

Robin Verner