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Pierre Lellouche annonce son retrait de la vie politique

Pierre Lellouche

Pierre Lellouche - Martin BUREAU - AFP

Dans une lettre ouverte, le député élu dans la première circonscription de Paris, Pierre Lellouche a annoncé ce mercredi son retrait de la vie politique, tout en réglant ses comptes après la campagne de François Fillon.

"A bientôt 66 ans, et après 24 années de mandat à l’Assemblée nationale, j’ai la conviction que le moment est venu pour moi, de laisser la place à la génération suivante." C'est par ces mots que Pierre Lellouche a annoncé mercredi son retrait de la vie politique français. L'élu était jusqu'ici député de la première circonscription de Paris. Tout en fustigeant le "jeunisme" incarné selon lui par Emmanuel Macron, il dit prendre acte, par cette décision, de l'envie de renouvellement de la classe politique qu'il perçoit chez les Français.

"Républicains et socialistes représentent ensemble à peine plus du quart des suffrages exprimés, moins que les 40% que 'pèsent' ensemble les voix de l’extrême droite et de l’extrême gauche. Nous sommes donc face à une profonde décomposition du paysage politique traditionnel, qui vient en fait sanctionner quatre décennies d’échecs et d’immobilisme", lance aussi Pierre Lellouche. 

Fillon "conforté par l'hystérie d'une secte"

S'il concède avoir une "part de responsabilité dans l'échec collectif de (sa) génération", il passe l'essentiel de sa lettre à dire le mal qu'il a pensé d'une campagne présidentielle qu'il a vécue "comme une épreuve épouvantable des mois durant". Pierre Lellouche tient des propos très dur contre son désormais ex-candidat, François Fillon et son entourage. "Le candidat Fillon, fort de son élection à la Primaire, entouré d’une camarilla de fidèles et d’ambitieux, conforté par l’hystérie d’une secte, a tenu à toute force à aller jusqu'au bout du suicide personnel et collectif", écrit-il, tout en soulignant qu'il avait proposé de repousser la tenue de l'élection pour laisser une chance à son camp. 

Pierre Lellouche fustige également la ligne de défense de François Fillon devant les affaires: "Ainsi donc, on dénonçait à la vindicte publique la justice et la presse, en invoquant complots et autre 'cabinet noir', le tout avec la complicité passive de dirigeants qui ont laissé faire". Il a enfin critiqué la position de son parti consistant à appeler à voter contre Marine Le Pen, et donc implicitement pour Emmanuel Macron, au second tour de la présidentielle, la qualifiant de "posture aussi incohérente que périlleuse pour l’avenir". 

R.V.