BFMTV

Pénalités de Sarkozy: l'ex-trésorière de l'UMP Catherine Vautrin mise en examen

Catherine Vautrin

Catherine Vautrin - Lionel Bonaventure - AFP

Le tout récent président de l'UMP Nicolas Sarkozy a remboursé de sa poche et "de sa propre initiative", à son parti la somme de 363.615 euros lundi 1er décembre.

L'ex-trésorière de l'UMP, et députée de la Marne, Catherine Vautrin a été mise en examen pour abus de confiance vendredi dans l'affaire du règlement par l'UMP des pénalités imputées à Nicolas Sarkozy pour avoir dépassé ses comptes de campagne lors de la présidentielle de 2012.

Selon une source proche du dossier, Catherine Vautrin a notamment ordonné à l'automne 2013 deux virements, de quelque 363.000 euros et de 153.000 euros. Ces paiements avaient été acceptés par le ministère de l'Economie.

"Certaine de n'avoir commis aucun acte délictueux ni préjudiciable à quiconque, Catherine Vautrin est sereine et exercera l'ensemble de ses droits pour voir confirmer son innocence", a réagi auprès de l'AFP son avocat.

Le remboursement surprise de Sarkozy

Or le tout nouveau président de l'UMP a remboursé de sa poche et "de sa propre initiative", à son parti la somme de 363.615 euros lundi 1er décembre. Mais le remboursement ne rend pas la plainte invalide pour autant.

En signant ce chèque de 363.615 euros au secrétaire général de l'UMP Luc Chatel, Nicolas Sarkozy entend "mettre la formation politique qu'(il) préside à l'abri de toutes contestations", écrit-il dans une lettre adressée à Jacques Laisne, le trésorier du parti. Voilà pourquoi il a décidé "d'assumer personnellement cette charge financière". 

Fillon, Jouyet et les pénalités

Le paiement des pénalités de campagne était aussi à l'origine de la polémique sur le déjeuner entre François Fillon et le secrétaire général de l'Elysée Jean-Pierre Jouyet. A cette occasion, l'ancien Premier ministre aurait demandé "de taper sur Nicolas Sarkozy" et d'enfoncer le clou des affaires judiciaires, comme Bygmalion, qui cernent l'ancien chef de l'Etat.

Le parquet de Paris a ouvert début octobre une information judiciaire, notamment pour abus de confiance. En cause, la prise en charge par l'UMP de pénalités infligées au candidat Sarkozy, pour environ 400.000 euros, car ses comptes de campagne de la présidentielle de 2012 avaient été rejetés pour dépassement du plafond autorisé.

La campagne de 2012 est l'objet d'une autre enquête judiciaire, l'affaire Bygmalion. Dans ce dossier, sept personnes ont été mises en examen, dont un proche de Nicolas Sarkozy, Éric Cesari, son ancien relais à l'UMP.

S.A. avec AFP