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Peillon : « Woerth, Hortefeux... Le climat est pourri »

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Le député européen Vincent Peillon, proche de Ségolène Royal, reproche aux ministres Eric Woerth et Brice Hortefeux de ne pas avoir démissionné, après leurs démêlés judiciaires de l'été.

Vous êtes toujours, Vincent Peillon, dans l’idée d’une alliance politique, d’un rassemblement entre le PS, le Modem et les Verts ?
« Et les communistes, les citoyens (ndr : Mouvement des citoyens) et les radicaux. Je suis pour un contrat de gouvernement. Il faut de la clarté. Dire aux Français pour l’élection : voilà ce qu’on fera et je veux que puisse venir débattre de ce contrat, tous ceux qui le souhaitent. Si on est pas d’accord, on est pas d’accord. Mais le premier acte c’est de dire : parlons de l’école, de l’hôpital, des institutions… Qu’est ce que vous feriez ? Est–ce qu’on peut se mettre d’accord ? Je suis entré en politique, il y a 16 ans et on se disait déjà… c’est la crise. Et on l’avait depuis 1974. Les nouvelles générations n’ont connu que ça. Il y a des réformes de structures à faire en France, réformer l’école profondément inégalitaire. Mais les dernières grandes réformes de structure étaient des réformes de gauche (la CSG, le RMI, la décentralisation, la liberté des médias, l’abolition de la peine de mort). Le reste ce sont des déconstructions. Il y a des réformes très difficiles à faire sur les Banlieues, sur la fiscalité… Nous aurons besoin de majorité claire et large. Quand vous regardez ce qu’un smicard paye en proportion d’impôts indirects, c’est beaucoup plus que madame de Bettencourt. Ça suffit ! On tourne le dos à nos principes Républicains.»

Vous êtes choqué qu’Eric Woerth soit encore ministre ?
« Ah oui ! Je suis choqué que pour organiser sa défense, il ne se retire pas des responsabilités éminentes qui sont les siennes, par honneur. Mais aussi que Brice Hortefeux, ministre de l'Interieur qui est en appel, mais qui a été condamné pour injures raciales dans un grand pays démocratique, pays des droits de l’homme. Quand même, oui pour la présomption d’innocence, mais il y a une dérive incontestable. Le climat est pourri dans cette rentrée, alimenté par des comportements de la sorte. Pas seulement ce qu’on leur reproche, ce sera là à la justice de se prononcer. Mais bien par le fait que quand la question se pose, ils s’accrochent absolument, au lieu de dire : il y a manifestement un problème, je me retire du premier plan de l’action publique.»

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La rédaction-Les Grandes Gueules