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Offensive anti-allemande du PS: l'exécutif veut tempérer

Le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel.

Le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel. - -

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a appelé samedi à "l'amitié franco-allemande" et à "un dialogue sincère" entre les deux pays, après plusieurs salves virulentes du PS contre Angela Merkel et l'Allemagne.

Ce sont des salves dont le gouvernement se serait bien passées. Samedi, l'exécutif français a entrepris de tempérer les propos virulents contre l'Allemagne tenus par plusieurs ténors socialistes ces derniers jours.

Jean-Marc Ayrault a choisi le biais de Twitter pour appeler au calme. Dans un message publié dans les deux langues, il a estimé "l'amitié franco-allemande indispensable pour redonner un nouvel élan au projet européen et trouver les voies du retour de la croissance".

"On ne résoudra pas les problèmes de l'Europe sans un dialogue intense et sincère entre la France et l'Allemagne", a ajouté dans un second tweet le Premier ministre, ancien professeur d'allemand.

L'amitié franco-allemande est indispensable pour redonner un nouvel élan au projet européen et trouver les voies du retour de la croissance
— Jean-Marc Ayrault (@jeanmarcayrault) 27 avril 2013
On ne résoudra pas les problèmes de l'Europe sans un dialogue intense et sincère entre la France et l'Allemagne.
— Jean-Marc Ayrault (@jeanmarcayrault) 27 avril 2013

Le ministre des Affaires européennes, Thierry Repentin, a pour sa part estimé que "dans le tandem, il n'y en a pas un qui pédale et l'autre qui tient le guidon". "Il y a un dialogue franc. Nous ne taisons pas nos divergences", a-t-il assuré samedi dans un entretien au jdd.fr.

Merkel, le bouc-émissaire

Dans un projet de texte sur l'Europe révélé vendredi par Le Monde, la direction du PS s'en prenait violemment à Angela Merkel, "chancelière de l'austérité" à "l'intransigeance égoïste".

Et la révélation de ce document avait elle-même été précédée d'une série de coups de semonce socialistes. "Pour moi, c'est la tension tout court et, s'il faut, la confrontation", avait notamment lancé jeudi le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone.

Samedi, Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS aux questions européennes qui avait chapeauté la rédaction de ce texte, a donc annoncé qu'il en présenterait mardi, au bureau national du Parti, une nouvelle mouture, "expurgée de toutes les références à madame Merkel".

L'Elysée avait peu apprécié

A l'Elysée, cette flambée n'avait guère été appréciée. "La France, dans le concert européen, a le choix entre deux rôles: être l'allié constructif de l'Allemagne pour réorienter l'Europe vers quelque chose de plus équilibré, c'est ce qu'on essaie de faire au quotidien, ou être les ambassadeurs des pays du Sud. Le deuxième rôle ne mène pas loin", expliquait dès vendredi un conseiller de François Hollande.

L'Elysée avait également fait valoir qu'Angela Merkel, confrontée à des élections en septembre, était "en train d'évoluer" et qu'elle avait "besoin elle aussi d'avoir de la croissance pour l'activité dans son pays et pour sa propre stabilité".


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