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Le front républicain est-il en train de se fissurer au PS?

Harlem Désir, le premier secrétaire du Parti socialiste.

Harlem Désir, le premier secrétaire du Parti socialiste. - -

Le front républicain est-il en train de voler en éclats? La législative partielle anticipée à Villeneuve-sur-Lot a montré que les électeurs ne suivaient pas forcément les consignes de vote. Du coup, certains députés du PS s'interrogent.

Dimanche, deux députés PS ont remis en cause le "front républicain", le fait, en cas de second tour opposant la droite "républicaine" au Front national, de reporter systématiquement son vote sur le parti modéré. Ce report automatique n'a pas fonctionné lors de la législative partielle anticipée de Villeneuve-sur-Lot. Dès lors, la question se pose, faut-il revoir cette ligne politique?

La doctrine du front républicain et son objection

Faire barrage au Front national, tel est l'objet du front républicain. Pour Michel Sapin, le ministre de l'Economie, le report des voix au bénéfice d'un candidat UMP ne pose aucune difficulté. À la question, posée sur notre antenne ce lundi, "auriez-vous voté Jean-Louis Costes (NDLR: le candidat UMP à Villeneuve-sur-Lot)?", le ministre répond "oui, évidemment".

Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir, objecte cependant que les "responsables de la droite nationale, quand ils continuent de renvoyer dos à dos le Parti socialiste et le Front national, quand ils maintiennent leur 'ni, ni', ni Parti socialiste, ni Front national, ils ne permettent pas un vote massif des républicains pour faire barrage au Front national". Autrement dit, la réciprocité ne s'appliquerait pas à droite.

Il n'en fallait sans doute pas davantage à deux députés PS, Yann Galut, porte-parole de la Gauche forte et Razzy Hammadi pour prendre leurs distances avec un front républicain qui semble à les entendre, avoir fait son temps.

.Réaction de @yanngalut:Porte-Parole de la #GaucheForte: le PS doit débattre de sa doctrine sur le #frontrepublicain http://t.co/7Z7f7Aec4C"
— Yann Galut (@yanngalut) June 23, 2013
Triste soirée suite à un premier tour dont la gravité ne doit pas être esquivée. Quant à l'automaticité du Front républicain, ça suffit!!!
— Razzy Hammadi (@RHammadi) June 23, 2013

L'union de la gauche ne paraît pas gagnée

Si la réciprocité d'un front républicain, ne s'applique pas à droite, le remède ne pourrait-il être recherché en amont, autrement dit dans le maintien coûte que coûte d'un candidat de gauche au second tour? Une telle stratégie supposerait que celui qui a le plus de chances de gagner voit les autres se désister à son profit dès le premier tour si l'élection est jugée à risque.

Cette tactique électorale, Jean-Luc Mélenchon, l'écarte d'un revers de main. Pour le leader du Front de gauche "les deux partis de l''officialisme' comptent exclusivement sur la peur du Front pour se maintenir au second tour". Et d'ajouter: "par eux-mêmes, ils n'ont aucune espèce d'attractivité".

Le positionnement face au FN sera un enjeu majeur des prochaines municipales. La ligne politique à suivre face à la progression du parti de Marine Le Pen fait finalement autant débat au sein du PS qu'à l'UMP où là aussi des divergences de fond existent.


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David Namias et Damien Fleurot (vidéo)