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Jean-Marc Germain demande à Manuel Valls que "cette loi passe sans 49.3"

Le député PS des Hauts-de-Seine, était l'invité de Ruth Elkrief jeudi soir sur BFMTV. Ce proche de Martine Aubry a expliqué pourquoi il ne s'était pas s'associer à la tentative de motion de censure de la gauche après l'utilisation de l'article 49.3 pour faire passer le projet de loi travail.

Jean-Marc Germain avoue avoir reçu beaucoup de messages lui demandant pourquoi il n'avait pas signé la motion de censure de la gauche contre le gouvernement. Ce proche de Martine Aubry faisait pourtant partie des signataires de la tribune publié le 25 février dans le journal Le Monde qui critiquait la politique du gouvernement. Le projet de loi concernant la réforme du code du travail figurait en bonne place dans les points de divergence.

Alors pourquoi ne figure-t-il pas parmi les signataires de la motion de censure de gauche contre l'utilisation de l'article 49.3 pour faire passer en force le projet de loi travail? Le député PS des Hauts-de-Seine s'en est expliqué sur BFMTV jeudi soir.

"Un choix cornélien"

L'homme parle d'un "choix cornélien". "La réflexion que j'ai eue, était de me dire que si la motion avait été votée, il y aurait dissolution de l'Assemblée nationale", lance-t-il. "Le risque serait que de nombreux députés PS perdent leur siège et que la droite repasse au pouvoir. Le courage en politique c'est de réfléchir aux conséquences pour les personnes que l'on défend", avance-t-il. "Je n'ai pas voulu signer" avec les frondeurs "pour faire croire qu'on avait la capacité d'arrêter cette loi", ajoute-t-il.

Jean-Marc Germain souhaiterait qu'il n'y ait pas de 49.3 en deuxième lecture. Selon lui, lorsque l'opinion publique est contre un texte, la meilleure façon de le rendre légitime est de passer par un vote. "Je vais faire une demande au Premier ministre, cette loi doit passer sans 49.3", insiste-t-il. Pour retrouver la confiance des Aubristes, il estime qu'il faudrait remanier le texte en évitant le dumping social.

"On veut être les casques bleus"

Mais s'il devait y avoir une deuxième motion de censure, il ne la signerait toujours pas, "cela ferait revenir la droite au pouvoir et ce serait pire". Malgré tout, il se montre inquiet de la posture de Manuel Valls qui divise en tapant fort sur l'aile gauche. Le député des Hauts-de-Seine regrette, en particulier, les attaques contre les communistes. Il estime que le Premier ministre considère qu'"au fond il y a deux gauches irréconciliables. "Martine Aubry, elle, veut rassembler la gauche, elle veut arrêter cette dérive des continents", assure-t-il. L'important pour lui et "de rapprocher ces deux gauches, on veut être les casques bleus".

L'élu socialiste est enfin convaincu de l'importance de la tenue d'une primaire à gauche pour la présidentielle de 2017. "Si les communistes et les verts veulent venir avec nous tant mieux, sinon faisons sans eux comme en 2011", lâche-t-il. "On parle beaucoup d'Arnaud Montebourg comme candidat en ce moment. Moi, j'adore Christiane Taubira", il cite aussi Caroline de Haas "nous allons les inviter à réfléchir ensemble au moyen de reconstruire les gauches".

E. M.