BFMTV

Cafouillage ou tripatouillage: où sont les chiffres officiels de la primaire de gauche?

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - Boris Horvat - AFP

Le cafouillage sans fin autour des chiffres de la participation au premier tour de la primaire de la gauche risque de sévèrement écorner l'image du scrutin.

Plus de 24 heures après la clôture du vote, le flou est toujours là. Au surlendemain du premier tour de la primaire à gauche, le quiproquo autour des chiffres de la participation se poursuit, et le nombre définitif de votants sur la totalité des bureaux de vote n'a toujours pas été communiqué par la Haute autorité. Cette dernière a promis que les résultats finaux seraient connus ce mardi. Mais l'épisode a d'ores et déjà bien écorné l'image de la primaire.

Cafouillages en série

Après 24 heures de fausses notes, la Haute autorité a précisé les résultats de la participation au premier tour de la primaire, lundi à 18 heures. Selon elle, sur 94,45% des bureaux de vote validés, la participation était de 1.597.720 votants. Un chiffre qui n'a cessé de changer, revu à la baisse ou à la hausse, depuis les premières déclarations du président de la Haute autorité, Thomas Clay. Dimanche soir, au moment d'annoncer les premiers résultats, aux alentours de 20h30, il avait en effet situé le chiffre de la participation entre 1,5 et 2 millions, "sans doute plus proche des 2 millions". 

Entre temps, le décompte a été plusieurs fois mis à jour. C'est notamment la publication de résultats complétés de près de 400.000 voix supplémentaires sans que les pourcentages des sept candidats ne bougent d'un centième -une quasi impossibilité statistique- qui a suscité des accusations de manipulation. Et suffit à semer le doute sur l'honnêteté de l'organisation de la primaire. 

Explications hasardeuses

Tout au long de la journée de lundi, les organisateurs de la primaire ont tenté de justifier ce cafouillage, se défendant d'avoir sciemment gonflé les chiffres, et évoquant notamment un "bug", puis une "erreur humaine". 

"C'est là qu'intervient une erreur du permanent qui a mis en ligne ce chiffre. Il a mis sur la page du site qui permettait à la presse de voir les choses le nouveau nombre de votants sans chercher à regarder où on en était des résultats… c'est plus une erreur humaine qu'un bug informatique", a ainsi avancé Christophe Borgel, le président du comité d'organisation, lundi soir sur RTL.

Une image écornée

Mais malgré ces efforts pour tenter de sauver les meubles, l'image de sérieux de la primaire risque d'être sévèrement écornée. Et l'épisode pourrait avoir des conséquences directes sur le second tour du scrutin, prévu dimanche, notamment en termes de participation, après un premier round déjà décevant au niveau de la mobilisation.

Un constat qui désole les élus socialistes. "On passe pour des charlots" regrette un élu bourguignon, cité par Le Parisien. "Je suis en colère. Ce qui vient de se passer autour de cette primaire est lamentable", surenchérit une élue du Finistère. 

Colère et agacement

Si les candidats à la primaire n'ont pas tenu à alimenter la polémique, à l'inverse de certains représentants de l'opposition, l'agacement commence à percer dans leur entourage. Ainsi, Christophe Madrolle, représentant local de Jean-Luc Bennahmias à Marseille, se dit "très en colère contre la communication de la Haute autorité".

"J'ai passé ma soirée de dimanche sur les plateaux à me féliciter de la participation à 1,7 million, et je me réveille lundi avec des chiffres à 1,2 qui sont ensuite remontés. Je n'ai aucune explication, à part que les estimations ont été données au doigt mouillé!", s'insurge-t-il auprès du Parisien. Et de lancer: "Faudra-t-il compter les pièces de 1 euro pour savoir combien d'électeurs sont venus?".

Adrienne Sigel