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"Ça va mieux": Hollande "cherche à imprimer une formule", selon Moscovici

Pierre Moscovici a validé ce dimanche le "ça va mieux" de François Hollande, en égrainant des "améliorations" dans la "la situation de l'économie française".

François Hollande l'a redit dimanche lors des commémorations du 8 mai 1945. "Ça va mieux pour le pays, même si ça ne va pas mieux pour beaucoup de nos compatriotes", a expliqué le chef de l'État, à qui l'expression avait été plusieurs fois reprochée après son échange télévisé avec les Français au mois d'avril.

"Manifestement, il cherche à imprimer une formule, un gimmick", a commenté son ancien directeur de campagne, Pierre Moscovici, invité ce dimanche de BFM Politique. 

"Oui, il y a des améliorations"

"Oui il y a des améliorations quand on regarde l'économie française", a assuré le commissaire européen aux Affaires économiques.

"Nous avions 1,2% pour 2015, nous avons 1,3% pour 2016, nous avons 1,7% pour 2017, et je dois la vérité de dire qu'il est probable que nous corrigions 2016 à la hausse parce que le premier trimestre a été meilleur que les chiffres que nous avions incorporés à notre prévision initiale", a-t-il ajouté.

"Qu'on soit pour François Hollande ou pas, on doit s'en féliciter", selon lui.

"La croissance française demeure plus faible que celle de la zone euro", a-t-il toutefois tempéré.

Paris a maintenu sa prévision de hausse de 1,5% du Produit intérieur brut pour 2016 et 2017. Un pronostic plus optimiste que ceux de la Commission européenne (1,3% en 2016) ou du FMI (1,1% en 2016 et 1,3% en 2017).

Pierre Moscovici a cité parmi les raisons de l'amélioration de la situation "le fait de réduire les déficits petit à petit, le fait de mener des réformes structurelles qui améliorent la compétitivité de l'économie française".

La Commission européenne a maintenu mardi ses principales prévisions économiques pour la France, notamment celle d'un déficit public à 3,2% du PIB en 2017, dans l'attente de nouvelles mesures d'économies, alors que Bercy certifie que l'objectif d'un déficit sous les 3% sera respecté.

"Si le budget est sérieux et crédible, passer en dessous de 3% c'est jouable", a redit Pierre Moscovici qui a assuré que la commission serait "vigilante" sur l'avant-projet de loi de finances de Paris.

Macron "plutôt de gauche"

Interrogé sur l'initiative cavalière d'Emmanuel Macron à Orléans, il s'est borné à dire que le ministre est un "talent". Pour lui, l'actuel ministre de l'Economie "défend des réformes qui, sans être spectaculaires, vont dans la bonne direction", a-t-il déclaré. 

Se réclamant très clairement de gauche, au contraire au jeune ministre ambitieux qui se dit "ni de droite, ni de gauche", Pierre Moscovici estime que Emmanuel Macron "est quand-même plutôt de gauche".

Voulant étouffer les rumeurs, il a assuré qu'entre François hollande et Emmanuel Macron "il y a une relation qui est très solide".

Pas de la gauche Montebourg

Dans la famille socialiste, très divisée, l'ancien ministre Arnaud Montebourg a assuré dimanche sur France 2 que "s'il y a des responsabilités à prendre" en vue des échéances électorales de 2017, il les prendra, même si "le moment n'est pas venu".

A son sujet, Pierre Moscovici a rappelé qu'il n'avait jamais et été ne sera jamais de la gauche Montebourg.

"Il n'y aura pas de remake du drame grec"

Les ministres des Finances de la zone euro se pencheront à nouveau sur la Grèce lundi à Bruxelles pour tenter de trouver un difficile accord qui éviterait une nouvelle grave crise sur les réformes et l'aide financière au pays. "Il n'y aura pas de remake du drame grec, parce que les choses ont été faites, beaucoup de travail a été fait", a assuré Pierre Moscovici.

"L'Europe n'est pas chrétienne"

Pierre Moscovici voit dans l'élection de Sadiq Khan (travailliste musulman, fils d'immigré pakistanais) à la mairie de Londres "un symbole de progressisme et d'européisme", "un beau symbole".

"L'Europe n'est pas chrétienne, je ne crois pas aux racines chrétiennes de l'Europe, l'Europe est diverse", a-t-il ajouté.

K. L.