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Abstention: l'angoisse monte au PS

Harlem Désir et le Parti socialiste craignent une abstention massive aux prochaines élections.

Harlem Désir et le Parti socialiste craignent une abstention massive aux prochaines élections. - -

Jean-Marc Ayrault va présenter, lundi 17 février, une campagne d'incitation au vote en vue des élections municipales. Une initiative qui tombe à pic pour des socialistes qui craignent de plus en plus une abstention massive.

L’affolement, c’est maintenant. Si le PS semblait plutôt calme en vue des élections municipales de mars prochain, l’optimisme a laissé place à une appréhension à peine masquée.

Ce n’est pas tant la vague bleue, promise par l’UMP, ou bleue Marine, proclamée par le FN, qui inquiète dans les rangs socialistes. Mais plutôt une abstention massive, qui ferait du parti d’Harlem Désir sa principale victime.

Les témoignages de terrain se multiplient, et les signaux envoyés par les principaux responsables politiques ne sont pas plus optimistes. Ainsi, la semaine dernière, Le Nouvel Obs relayait les craintes d’Arnaud Montebourg, qui allait jusqu’à anticiper une défaite d’Anne Hidalgo (pourtant en avance dans les sondages) à Paris.

L’absence de danger réel du FN, et une UMP qui n’arrive pas à retrouver une crédibilité ne favorise pas la mobilisation des troupes socialistes. Les plus déçus pourraient, en outre, se tourner vers les listes du Parti de gauche.

Les récents couacs du gouvernement ont fait pencher la balance

Les autres pourraient simplement rester chez eux en signe de protestation. Les récentes reculades ou couacs du gouvernement sur un certain nombre de sujets tels que la loi famille ou le gel de l’avancement des fonctionnaires font ainsi souffler un vent de pessimisme du côté de la rue de Solferino.

L’abandon programmé du droit de vote pour les étrangers ou de la lutte contre les contrôles au faciès –voire, dans une moindre mesure, l’affaire Dieudonné- ont œuvré pour démobiliser l’électorat de François Hollande.

Combiné au manque de résultats de l’exécutif, qui donne l’impression à ses électeurs de pactiser avec le patronat tandis que le chômage ne cesse de grimper, le cocktail pourrait s’avérer explosif. "Il faut dire que le national ne donne pas très envie à un électeur de gauche d’aller voter et qu’il donne très envie à un électeur de droite d’y aller", résume ainsi Christophe Borgel, spécialiste des élections au PS, auprès de Mediapart.

Un clip pour inciter au vote

Le gouvernement, lui, tente de prendre les choses en main. Ce lundi, Jean-Marc Ayrault va présenter une "campagne d’incitation au vote", afin de regagner le cœur des abstentionnistes. "Il s’agira d’une campagne d’affichage, et d’un clip diffusé à la radio et à la télévision", précise-t-on du côté de Matignon.

Et si les services du Premier ministre se défendent de toute démarche partisane, le cœur de cible apparaît clair. Reste à savoir si cela se traduira dans les bureaux de vote, les 23 et 30 mars prochains.

Yann Duvert