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Vitesse à 80 km/h: des sénateurs demandent à Philippe de suspendre l'application

L'abaissement de 90 km/h à 80 km/h de la vitesse maximale sur 400.000 km de routes secondaires à double sens sans séparateur central doit entrer en vigueur au 1er juillet

L'abaissement de 90 km/h à 80 km/h de la vitesse maximale sur 400.000 km de routes secondaires à double sens sans séparateur central doit entrer en vigueur au 1er juillet - Nicolas TUCAT, AFP/Archives

Un groupe de travail sénatorial demande au Premier ministre de retarder la mise en place de la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires, le temps d'évaluer l'efficacité de la mesure.

Un groupe de travail sénatorial a demandé ce jeudi à Edouard Philippe de "suspendre la mise en place" de l'abaissement à 80 km/h de la limitation de vitesse sur certaines routes, le temps qu'il livre ses conclusions sur cette mesure controversée.

Evaluer l'efficacité et l'impact de la mesure

L'abaissement de 90 km/h à 80 km/h de la vitesse maximale sur 400.000 kilomètres de routes secondaires à double sens sans séparateur central doit entrer en vigueur le 1er juillet prochain, après la publication d'un décret. L'annonce de cette mesure a soulevé une fronde chez les motards et automobilistes.

Ce groupe, créé le 24 janvier dernier, doit consulter "acteurs institutionnels, experts et associations pour mieux évaluer l'efficacité et l'impact" de cette mesure. Il souhaite également s'entretenir avec les personnes consultées par le gouvernement "pour recueillir leurs observations et les arguments qui fondent votre décision", expliquent-ils.

Une expérimentation déjà menée

Une cinquantaine de sénateurs avaient déjà demandé les résultats d'une expérimentation de cette mesure, menée entre juillet 2015 et juillet 2017, à la demande du ministre de l'Intérieur de l'époque, Bernard Cazeneuve.

Le bilan de l'expérimentation, révélé par Le Monde, porte sur les vitesses pratiquées, qui tombent en moyenne à 80,3 km/h au lieu de 85 km/h quand elles étaient limitées à 90 km/h, et non sur l'accidentalité.

Le 9 janvier, Edouard Philippe avait cependant affirmé que, durant l'expérimentation, "la vitesse moyenne (avait) baissé d'environ 7%, la fluidité du trafic n'(avait) pas été altérée et l'accidentalité (avait) diminué" en citant une baisse de 25% des accidents et de 50% de tués.

"De 350 à 400 vies sauvées par an"

L'abaissement à 80 km/h permettrait de sauver de 350 à 400 vies par an, affirme le gouvernement, qui a toutefois instauré une "clause de rendez-vous" au 1er juillet 2020. "Si les résultats ne sont pas à la hauteur de nos espérances, le gouvernement prendra ses responsabilités", avait déclaré le Premier ministre.

M. F. avec AFP