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Une députée LaREM compare les femmes seules ayant recours à la PMA à des "droguées", Griveaux condamne

Agnès Thill, députée LaREM de l'Oise (photo d'illustration)

Agnès Thill, députée LaREM de l'Oise (photo d'illustration) - CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Opposée à l'extension de la PMA, la députée LaREM de l'Oise compare les femmes seules y ayant recours à des "droguées" à qui l'on donnerait leur dose dans un entretien vidéo à Oise Hebdo. Des propos condamnés par le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

Dans un entretien vidéo à Oise Hebdo mis en ligne lundi, Agnès Thill, députée LaREM de l'Oise, compare les femmes seules ayant recours à la procréation médicalement assistée (PMA) à des "droguées" à qui l'on donnerait leur dose.

Ces femmes "souffrent. J'entends bien qu'elles souffrent, mais alors qu'est-ce qu'on fait? Si un drogué souffre, on lui donne de la drogue? Est-ce que je lui donne un enfant parce qu'elle souffre?", déclare l'élue dans la vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux. 

Examen de son cas par le bureau du groupe

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a réagi, ce mardi matin sur Twitter, à d'"insupportables et méprisantes paroles d'Agnès Thill à l'égard des mamans et des enfants comparés à des médicaments". "Ces mots blessent des familles et viennent nourrir tous les préjugés ignobles que je continuerai à combattre inlassablement. Effectivement, ça suffit", a-t-il lancé dans un tweet.

De son côté, le président des députés LaREM, Gilles Le Gendre, a annoncé en réunion de groupe que le cas d'Agnès Thill serait examiné jeudi par le bureau. S'il s'est refusé à tout commentaire devant la presse, il a pris, selon plusieurs participants, ses distances avec la députée en déclarant: ses "propos m'horrifient et m'indignent autant que vous".

Lors de la réunion, le député des Deux-Sèvres Guillaume Chiche aurait demandé au groupe de se prononcer sur l'exclusion d'Agnès Thill, rapportent plusieurs participants.

Récidive

"Je n'ai pas de risque d'exclusion", affirme pourtant l'intéressée dans l'entretien vidéo en question. Pour l'exclure, elle juge en effet qu'il faudrait "prouver" qu'elle est "homophobe", "raciste" et "islamophobe", ce qu'elle nie.

Opposée à l'extension de la PMA aux femmes seules et aux couples de lesbiennes, la députée de l'Oise avait déjà été mise en garde à plusieurs reprises par LaREM pour certaines de ses prises de positions publiques. Elle avait fait polémique ces derniers jours en estimant à l'occasion de la publication du rapport de la mission parlementaire sur la bioéthique que "l'absence de genre dans le mot parent favorise l'éclosion d'écoles coraniques".

Une trentaine de députés LaREM, emmenés par l'élu du Val-d'Oise, Aurélien Taché, ont dénoncé ces déclarations dans une lettre adressée au patron du groupe à l'Assemblée, Gilles Le Gendre. Dans un courrier à ce dernier daté de lundi, Agnès Thill l'a, de son côté, appelé à ne pas "participer à cette entreprise tendant à taire, et stigmatiser, les voix discordantes" au sein du groupe. 

Clémentine Piriou avec AFP