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Ondes électromagnétiques : le principe de précaution examiné à l'Assemblée

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EELV va proposer jeudi à l’Assemblée une loi sur le principe de précaution des ondes électromagnétiques. Problème, le texte initial a été très largement élagué par le Parti socialiste et le gouvernement.

L'Assemblée examine jeudi une proposition de loi écologiste sur les ondes électromagnétiques, que les députés verts espèrent voir renforcée en séance après un "élagage massif" en commission.

La ministre de l'Economie numérique, tout en promouvant les kits mains libres pour réduire l'exposition aux ondes émises par les téléphones mobiles, a mis en garde contre des "peurs irrationnelles" en soulignant que la nocivité des ondes "n'est pas scientifiquement étayée".

Fleur Pellerin craint des mesures trop restrictives qui freineraient le déploiement en cours du réseau de téléphonie mobile de quatrième génération (4G), qui permettra d'améliorer la couverture dans certaines zones périurbaines ou rurales. Un déploiement qui représente "un investissement de 3 milliards sur les cinq prochaines années et des dizaines de milliers d'emplois", a-t-elle ajouté.

Des "peurs irrationnelles" selon Pellerin

Les "peurs irrationnelles" évoquées par la ministre ont fait bondir les associations: "Voilà un discours que l’on pensait révolu, notamment depuis la classification des radiofréquences (antennes-relais, WiFi, compteurs intelligents inclus…) comme possiblement cancérigènes pour l’homme par l’Organisation mondiale de la santé, en 2011", ont réagi les associations Agir pour l'environnement et Priartem dans un communiqué.

"Offusquée", la députée européenne écologiste Michèle Rivasi s'est également insurgée sur France Inter qu'on "met(te) toujours le développement économique avant la santé des gens".

Frustration d'EELV

La proposition de loi sur les ondes sera au menu d'une journée réservée à des textes écologistes, avec un texte, déjà adopté au Sénat, pour mieux protéger les lanceurs d'alerte sur des risques sanitaires ou environnementaux, et une proposition de résolution visant à rendre possible la co-présidence homme/femme d'un groupe à l'Assemblée.

En commission, la semaine dernière, le texte sur les ondes a été largement amendé avec la suppression de mesures sensibles, comme celle visant à limiter le wifi dans les crèches ou les écoles ou à demander des études préalables au développement de nouvelles technologies.

"Nous sommes frustrés et déçus de l'élagage massif en commission sur un contenu au départ pourtant assez modéré. Et nous sommes étonnés parce que le sujet figurait en toutes lettres dans l'accord pour les législatives signé avec le PS", a relevé la députée EELV du Val-de-Marne, Laurence Abeille.