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Des députés communistes proposent d'instaurer un congé paternité obligatoire de 21 jours

Marie-George Buffet

Marie-George Buffet - AFP

Selon une information de HuffPost, confirmée auprès de BFMTV.com, le groupe GDR à l'Assemblée nationale a déposé une proposition de loi visant à allonger la durée du congé paternité de 11 à 21 jours et, surtout, à le rendre obligatoire.

Le premier secrétaire du Parti communiste, Fabien Roussel, disait y voir la "mère de toutes les batailles" pour l'égalité entre les hommes et les femmes. Selon une information de HuffPost, confirmée auprès de BFMTV.com, des députés du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) ont déposé ce jeudi, à l'Assemblée nationale, une proposition de loi visant à allonger la durée du congé paternité. Et, surtout, à le rendre obligatoire. 

Dans le texte, il est question de faire passer ce congé de 11 à 21 jours, 28 lorsqu'il y a naissance multiple. La proposition, portée par la députée PCF de Seine-Saint-Denis Marie-George Buffet, vise également à allonger la durée du congé de naissance, actuellement de 3 jours, à 5 jours. 

"Ces durées ont été choisies en suivant les recommandations du rapport de l’Igas réalisé en 2018", a détaillé auprès de HuffPost le cabinet de l'ancienne ministre des Sports de Lionel Jospin.

Un rapport commandé par Philippe

Le rapport en question, rédigé par l’Inspection générale des affaires sociales, avait été commandé par le Premier ministre Édouard Philippe. Le document note que la tendance européenne est globalement à l'allongement de la durée de ce congé paternité plutôt qu'à l'amélioration des conditions de rémunération des femmes au travail. 

"Le congé paternité apparaît (...) comme la 'première marche' d'un continuum de mesures visant à progresser en matière d'égalité femmes-hommes et dans l'intérêt de la famille", peut-on lire dans le rapport. 

Marlène Schiappa, secrétaire d'État en charge de l'Égalité femmes-hommes, s'était exprimée dans les colonnes du Journal du Dimanche le 7 mars dernier pour signifier que le gouvernement avançait sur le sujet. 

"Les conditions sont réunies: les pères le demandent, les entreprises sont prêtes, l’État peut le financer. Avec Bruno Le Maire et Adrien Taquet, nous voulons un congé de trois ou quatre semaines", déclarait-elle.

"Les pères renoncent à ce droit par peur"

Derrière la proposition communiste, il y a donc l'idée d'acculer le gouvernement à trancher un sujet sur lequel il s'est investi dans le débat public. Et ainsi, pensent les députés communistes, de mettre fin aux pressions que subiraient certains salariés, à tel point que les nouveaux pères n'oseraient pas prendre leur congé. De l'autre côté, il s'agirait d'un moyen d'alléger le "risque maternité" qui pèse sur les femmes à l'embauche.

"Trop souvent encore, les pères renoncent à ce droit par peur de leur employeur, notamment par ceux qui sont en emploi précaire", déclarait Fabien Roussel lors d'une réunion publique le 6 mars.
Jules Pecnard