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À l'Elysée, Macron appelle les députés LaREM à être "fiers d'être des amateurs"

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Devant plus de 320 députés issus de sa majorité, le chef de l'État a tenté d'invoquer le macronisme des origines. Au risque d'attirer davantage encore la lumière sur les carences politiques de ses troupes.

Il lui fallait revenir aux fondamentaux. Du moins de nombreux députés La République en marche attendaient-ils cela de lui. C'est donc à une forme d'éloge de l'amateurisme qu'Emmanuel Macron s'est adonné mardi soir à l'Elysée. Il y a reçu plusieurs centaines de parlementaires de sa majorité, échaudés par les nombreux revers subis depuis une dizaine de jours. 

Le chef de l'État avait bien des choses à dire à ces élus, qui étaient plus de 320 à répondre à l'invitation du Château. Au-delà des aspects techniques, du contenu de la seconde partie du quinquennat, du climat de violences, Emmanuel Macron a abordé le sujet du manque d'expérience régulièrement reproché aux députés LaREM:

"Si les professionnels, ce sont ceux qu'on a virés (sic) il y a deux ans et demi, et que les amateurs c'est vous, alors soyez fiers d'être amateurs!"

"On ne fait pas de politique"

C'est pourtant cet amateurisme qui explique, bien souvent, les chausse-trapes qui font trébucher ces parlementaires, pour beaucoup issus de la société civile. Ou qui inspire à leurs opposants des quolibets tels que "robots" ou "playmobil". Le propos présidentiel a donc fait mouche, l'ensemble des députés ayant applaudi Emmanuel Macron au prononcé de cet phrase. 

Le problème ne va pas disparaître pour autant. Il pose des soucis à la Macronie en dehors de l'enceinte du Palais-Bourbon. Pour les municipales, par exemple, qui auront vu se multiplier les candidatures dissidentes çà et là par refus de s'associer à certains maires sortants jugés trop éloignés des valeurs de LaREM.

Quelques heures avant le grand raout élyséen, un parlementaire LaREM de premier plan réitérait auprès de BFMTV.com son profond agacement vis-à-vis de ses collègues "amateurs": 

"On ne fait pas de politique. Il faut qu'on arrête de se laisser marcher sur les pieds. Nos intentions sont bonnes, mais il y a une forme de candeur qui ne peut pas accoucher d'un corpus idéologique." 

À l'Assemblée nationale, la majorité s'est vue submergée par les trombes d'amendements La France insoumise au projet de loi sur les retraites. Résultat, la commission spéciale consacrée au texte n'a pu en examiner que le quart avant de devoir fermer boutique et transmettre la patate chaude à l'hémicycle. 
dossier :

Emmanuel Macron

Jules Pecnard