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Ouverture de l’obscure "Université d’été pour tous" dans le Cher

La page facebook de l'Université d'été pour tous.

La page facebook de l'Université d'été pour tous. - -

Une frange radicale des opposants au mariage pour tous organise cette semaine une université d’été pour débattre autour du "soulèvement populaire et spontané des derniers mois" contre le "mariage pour tous". Parmi les invités vedettes: Béatrice Bourges et Robert Ménard.

L'organisation cette semaine d'une "Université d'été pour tous" fait grincer des dents chez les historiques de la "Manif pour tous". Béatrice Bourges, la chef de file du Printemps français, la frange la plus radicale de la mobilisation contre le mariage homosexuel, est l’une des invités vedettes (et non organisatrice, comme on a pu le lire) de la manifestation, qui se tient depuis dimanche 25 août à Lignières dans le Cher, jusqu'au 1er septembre. Celle de la Manif pour tous, elle, aura lieu à la mi-septembre.

Selon le programme officiel de l'évènement, le "camp" de "l'Université d'été pour tous" est ouvert aux jeunes de 16 à 35 ans, "désireux de se former à la politique", qui, moyennant 150 euros, nourriture et hébergement compris, participeront à une série d’ateliers et conférences "autour de la lutte menée depuis de nombreux mois" en compagnie de différents intervenants comme Gérard Leclerc ou Robert Ménard. Et pour conclure, dimanche, temps libre et messe.

Qui sont les organisateurs?

Difficile de savoir qui est derrière les manettes de cette université d’été, ni quel est son véritable objectif. Lorsqu'on lui demande qui sont les organisateurs, Béatrice Bourges élude. "Ce sont des jeunes qui veulent approfondir. Le mouvement est difficile à appréhender, c'est un tout polymorphe." Matthieu Cellier, présenté par l'AFP comme l'un des organisateurs, assure que l'objectif du rassemblement est de "dresser un bilan de l'implication d'une jeune génération qu'on disait individualiste et pas intéressée par la politique."

Les véritables organisateurs "sont d'authentiques intellectuels de droite dans la veine catholique-conservatrice, dans la mouvance de l'Action française" estime le chercheur en sciences politiques Gaël Brustier, auteur de La guerre culturelle aura bien lieu.

Y-a-t-il derrière cette manifestation la volonté de structurer l'opposition au mariage homosexuel autour d'une formation politique? "Contrairement à Christine Boutin (qui s’engage dans les prochaines élections européennes, ndlr), il n’est pas sûr qu’il y ait derrière tout cela un véritable travail électoral. On assiste davantage à un rassemblement de la droite contre-révolutionnaire française, qui veut mener une guerre culturelle frontale contre la gauche pour faire basculer le pays à moyen terme".

Un Tea Party à la française?

Faut-il y voir l’embryon d’un Tea Party à la française, lecture que l’on prête au président Hollande, qui aurait pris forme dans la lignée de la contestation au mariage aux couples de même sexe? Pour Gaël Brustier, la comparaison avec la formation américaine a ses limites. "La droite contestataire américaine du Tea Party est différente de la droite contestataire française, issue d’une longue tradition catholique. Il y a, par exemple, des membres du Tea Party qui sont favorables au mariage gay, car ils sont libertaires."

De son côté, Béatrice Giblin, directrice de l’Institut français de géopolitique de l’Université Paris VIII n’y croit pas du tout. "Tout cela va s’effondrer, c’est trop tard pour le catholicisme en France. Il y a un mouvement intégriste, d’accord, mais pas du tout structuré. Les Français ne vont pas s’y intéresser."

Caroline Piquet