BFMTV

OPERATION RMC - « Un an après, quels changements ? » : Le droit de vote des étrangers

15 pays de l'UE ont déjà accordé le droit de vote aux étrangers aux élections locales

15 pays de l'UE ont déjà accordé le droit de vote aux étrangers aux élections locales - -

1 an après l'élection de François Hollande, RMC passe en revue cette semaine les promesses du candidat et l'action du président. Ce lundi matin, RMC s'intéresse à la proposition 50 du candidat Hollande : le droit de vote des étrangers (hors UE) aux élections locales.

Opération RMC cette semaine. Tous les jours, nous reviendrons sur une des promesses de campagne de François Hollande et verrons ce qu'il en est un an après son élection. Ce lundi : le droit de vote des étrangers. Promesse récurrente de la gauche, François Mitterrand l’avait déjà promis en 1981, François Hollande l'avait lui aussi promis pour cette année comme il l’expliquait clairement en avril 2012, un mois avant son élection. « Je considère que ces personnes qui sont sur notre territoire depuis longtemps qui payent des impôts locaux doivent pouvoir participer au scrutin municipal. Ça existe d’ailleurs dans la plupart des pays européens. Je soumettrai donc cette proposition au parlement. S’il y a une majorité des 3/5 e la réforme passera. S’il n’y a pas de majorité, ce sera au peuple français et seulement au peuple français de pouvoir en décider ».

Le risque du référendum

Laisser le peuple français décider sur la question du droit de vote des étrangers, reviendrait à poser cette question par référendum. Et cette solution serait risquée pour la majorité. D'abord parce que si l'on se fie aux derniers sondages, une majorité de Français (56%) est contre selon un sondage Ifop/JDD du 2 février dernier. C’est aussi le cas de l’opposition et de l’UMP en particulier. Ensuite parce qu'un référendum pourrait vite se transformer en motion de défiance de la politique gouvernementale, et l'exécutif n'en veut pas.

Elus et intellectuels favorables à une réforme

Malgré l’opposition du peuple, des appels d’élus et d’intellectuels se multiplient pour demander au président de tenir sa promesse : 77 députés PS, à l'initiative de Razzi Hammadi député de Seine-Saint-Denis en septembre dernier ; 50 intellectuels et parlementaires, à l'initiative d'Esther Benbassa, sénatrice du Val-de-Marne en décembre. Mais malgré ces appels, le président a finalement reporté la réforme à 2014. Elle ne sera donc pas en vigueur pour les prochaines élections municipales.

« Le droit de vote aux étrangers, c’est synonyme de respect »

Cette situation vis-à-vis des élections dans laquelle se trouvent les étrangers qui vivent en France est difficile à comprendre pour eux. Willy a 50 ans. Originaire du Sénégal, il vit en France depuis 25 ans et demande un peu de considération même pour les étrangers qui ne viennent pas d’un pays de l’Union Européenne. « Donner le droit de vote aux étrangers, c’est synonyme de respect, affirme-t-il. Je ne vois pas pourquoi ce droit serait accord é seulement aux ressortissants de l’Union Européenne et pas aux immigrés qui cotisent et qui payent leurs impôts ici. En principe, cela devrait être automatique. La discrimination ça existera toujours mais c’est vraiment absurde.Ou bien on accorde ce droit à tous ceux qui cotisent et contribuent à l’impôt ou alors à personnes ».

Ailleurs dans l'Union Européenne|||

Sur les 27 pays membres de l'Union européenne, 15 ont accordé le droit de vote aux étrangers aux élections locales. Parmi les 12 autres, figurent la France, l'Allemagne et l'Italie.

Tugdual de Dieuleveult avec A. Rosique