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"On ne m'intimidera pas": à La Villette, François contre-attaque

François Fillon, galvanisé, a pris la parole vers 16h30, sous les "Fillon, président".

François et Penelope Fillon sont en pleine opération de reconquête. Empêtré dans plusieurs affaires, dont celle révélée par Le Canard Enchaîné, qui accuse sa femme d'avoir occupé deux emplois fictifs, comme assistante parlementaire et comme conseillère à la Revue des Deux Mondes, le candidat à la présidentielle compte sur le meeting organisé ce dimanche à la Villette pour reprendre la main sur sa campagne. Et convaincre les militants et membres des Républicains qui pourraient s'inquiéter de son avenir politique immédiat. A son arrivée, le couple a été ovationné par une salle bondée.

D'après les organisateurs, 13.500 personnes étaient inscrites à l'événement. Aux cris de "Penelope, Penelope", la femme de François Fillon, les yeux embués, s'est vu offrir un bouquet de fleurs. Après avoir salué les principaux ténors du parti Les Républicains, le couple Fillon s'est ensuite installé au premier rang, visiblement ému.

"Nous n'avons qu'un seul compte"

Le candidat à la présidentielle a pris la parole vers 16h30. Remerciant Alain Juppé et Jean-Christophe Lagarde, et citant Nicolas Sarkozy, qu'il a eu au téléphone, il s'est félicité d'avoir rassemblé "plus de 15.000" personnes. "Ils croyaient nous avoir torpillés, nous avoir abattus, et vous êtes là, plus de 15.000", a-t-il déclaré, sous les cris de "Fillon, président".

"Je vous donnerai tout, ma détermination, ma vaillance et ma volonté de convaincre. Et en retour je vous demande d'avancer la tête haute. Ne cédez à aucune intimidation (...) C'est une autre idée de la France qu'on veut abattre en vol (...) elle a pour nom la liberté, l'honneur et la fierté", a-t-il poursuivi, appelant ses militants à "hausser la voix". 

Une pique à Hamon et à Macron

François Fillon a aussi assuré qu'il avait "le cuir solide" mais a demandé "qu'on laisse [sa] femme en dehors de ce débat politique".

"Nous n'avons rien à cacher, nous n'avons qu'un seul compte au Crédit agricole de Sablé-sur-Sarthe", a-t-il ajouté alors que Mediapart l'accuse d'avoir bénéficié de fonds publics détournés lorsqu'il était sénateur.

"On ne m'intimidera pas", s'est aussi défendu le candidat à la présidentielle, balayant toutes les accusations dont lui et sa femme font l'objet. Alors que se joue le second tour de la primaire à gauche, le candidat de la droite a eu évoqué Benoît Hamon et Emmanuel Macron sans les nommer. "ll m'est insupportable d'entendre que la France n'a pas d'autre avenir que le revenu universel", a-t-il déclaré. "Je ne suis pas un produit marketing, ma parole ne m’est pas soufflée par le microcosme", a-t-il lancé. 

Passage en revue de son programme

François Fillon est ensuite revenu sur plusieurs moments qui ont marqué sa carrière politique, avant de présenter les grandes lignes de son programme, en mettant notamment l'accent sur son volet social: lutte contre la pauvreté, prise en charge du handicap, retraite et éducation. Il a entre autres promis d'abroger la réforme des rythmes scolaires, et de revaloriser de 300 euros les retraites de moins de 1000 euros. 

Abordant ensuite la justice, il a plaidé pour une ligne dure, souhaitant "une justice ferme et rapide", et estimant notamment qu'"un délinquant n'est pas un mineur qui se cherche, c'est un délinquant". Sur l'islam, le candidat a promis, en cas de victoire, la dissolution des mouvements se réclamant du salafisme et des Frères musulmans.

C.V. avec AFP