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Nouvelle-Calédonie: Hollande face à des manifestants qui veulent "rester français"

François Hollande lors de la cérémonie d'accueil à son arrivée à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie.

François Hollande lors de la cérémonie d'accueil à son arrivée à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie. - Fred Payet - AFP

En déplacement en Nouvelle-Calédonie, où il effectue sa première visite, le chef de l'Etat a été accueilli par une manifestation de plusieurs milliers d'opposants à l'indépendance de l'archipel, où un référendum d'autodétermination doit être organisé en 2018.

Accueilli par des opposants à l'indépendance. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté lundi à Nouméa pour exprimer à François Hollande leur volonté de "rester français". Le chef de l'Etat effectue sa première visite officielle dans cet archipel, où aura lieu d'ici 2018 un référendum d'autodétermination.

"On veut attirer l'attention du président de la République, qui découvre le dossier calédonien, sur la majorité silencieuse qui veut rester dans la France", a déclaré Harold Martin, ancien président du gouvernement local et élu du Congrès, qui avait pris la tête du cortège.

Plusieurs milliers de manifestants

Brandissant des petits drapeaux bleu, blanc, rouge et des banderoles "Restons Français", 5.000 personnes selon des chiffres réactualisés de la police, et 8.000 selon les organisateurs, en grande majorité d'origine européenne, ont pris part au défilé.

Cette manifestation, dont le parcours devait rejoindre le haut-commissariat de la République, était organisée à l'appel d'une partie de la droite non-indépendantiste dont le Rassemblement-UMP, présidé par le sénateur Pierre Frogier (UMP), et le Mouvement Populaire Calédonien, également affilié à l'UMP.

Une "neutralité" contestée

Pierre Frogier reproche à François Hollande de ne pas dire "la position de l'Etat sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie", ce qui contribue selon lui "à affaiblir la France dans le Pacifique". Il déplore la "neutralité" du gouvernement sur la question calédonienne, arguant qu'en 2011 à Nouméa, Nicolas Sarkozy, avait dit "sa préférence pour le maintien de la Calédonie dans la France".

Ce défilé intervient alors que François Hollande, arrivé dimanche soir à Nouméa, effectue lundi une brève visite dans l'archipel où en vertu de l'accord de Nouméa (1998), un référendum d'autodétermination sera organisé. Cette échéance divise profondément l'échiquier politique local. 

"Ce sont les Calédoniens qui auront le dernier mot"

Mais François Hollande a tenu à adresser un message clair: le président de la République a affiché sa volonté d'affirmer la neutralité de l'Etat français dans la perspective de ce rérérendum, tout en en faisant un "succès". "Ce sont les Calédoniens qui auront le dernier mot", a réagi François Hollande, se gardant de toute immixtion dans le vif débat qui oppose indépendantistes kanaks et loyalistes "caldoches".

Au travers du référendum d'autodétermination, la France espère réussir pour la première fois de son histoire un processus de décolonisation par l'accompagnement plutôt que par la rupture.

A.S. avec AFP