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"Nous sommes en guerre": Macron dit avoir voulu créer un "électrochoc" avec cette expression

Emmanuel Macron au Panthéon le 4 septembre 2020

Emmanuel Macron au Panthéon le 4 septembre 2020 - AFP / Julien De Rosa

Emmanuel Macron s'est justifié, dans un entretien au Point, concernant son utilisation d'un vocabulaire guerrier au moment d'une allocution, en mars dernier, consacrée à la crise du coronavirus.

"Nous sommes en guerre". Le 16 mars dernier, lors de son allocution télévisée au pic de la crise du coronavirus, Emmanuel Macron a utilisé à sept reprises ces mots, filant tout au long de son discours la métaphore militaire.

L'utilisation de cette réthorique guerrière avait surpris et avait été fortement commentée. Mais le chef de l'État ne la regrette pas, a-t-il indiqué ce mercredi dans une interview au Point, mettant en avant la nécessité de provoquer un "électrochoc" chez les Français.

"Rappelez-vous la situation dans laquelle nous nous trouvions: une courbe des entrées dans les services de réanimation exponentielle, la menace de devoir renoncer à soigner certains patients. Et, parallèlement, la vie qui continuait, comme si rien ne se passait. On se souvient des images des quais de Seine bondés. Pour sauver des vies, il fallait créer un électrochoc, des moyens exceptionnels devaient être mobilisés: l'armée, les trains, les avions pour les transferts sanitaires. Et donc ce champ lexical était justifié", a-t-il affirmé.

Des conséquences "équivalentes à celles d'une guerre"

Le chef de l'Etat a ajouté qu'il craignait que la crise sanitaire n'ait des conséquences aussi graves que celles d'une guerre.

"Dans cinq ou dix ans, lorsque l'on prendra du recul sur cette crise on se rendra compte que les conséquences économiques, sociales, psychologiques seront équivalentes à celles d'une guerre. Déjà, la récession de 2020 est la plus forte depuis la Seconde Guerre mondiale", a-t-il assuré.

L'Élysée a indiqué à BFMTV qu'il n'y avait pas de raison particulière derrière cet entretien au Point, non pas consacré à la politique du président de la République mais dédié au rapport qu'Emmanuel Macron entretient avec le langage et l'écriture.

Anne Saurat-Dubois avec Clément Boutin