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Notre-Dame-des-Landes: la position de Royal affaiblit l'autorité de l'Etat, tacle Valls

Les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes trouvent avec Ségolène Royal un soutien au sein même du gouvernement.

Les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes trouvent avec Ségolène Royal un soutien au sein même du gouvernement. - AFP

Depuis la confirmation du projet en 2007, la construction d'un aéroport à Notre-Dame-des-Landes se heurte à la résistance déterminée des opposants au projet. Un chantier soutenu par le Premier ministre, Manuel Valls, mais désavoué par la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal.

Manuel Valls a affirmé ce mercredi sur France Inter que la parole de Ségolène Royal, qui continue d'exprimer son opposition à la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, avait affaibli "l'autorité de l'Etat".

A la question "La parole de Ségolène Royal affaiblit-elle l'autorité de l'Etat?", le Premier ministre a répondu: "Oui. Bien sûr, quand on s'exprime, et ce n'est pas n'importe quelle personnalité, Ségolène Royal". Il a assuré respecter la parole de sa ministre de l'Environnement, mais souligné qu'il fallait aussi "respecter la parole de l'Etat".

Le Premier ministre a aussi répété sa détermination à évacuer "progressivement" le site de Notre-Dame-des-Landes "à partir de cet automne". "Cela se fera", a t-il assuré

Une ministre qui appelle à l'abandon du projet 

Dimanche 16 octobre, dans une interview accordée au Journal du Dimanche, la ministre de l'Environnement a appelé à l'abandon du projet actuel d'aéroport, quelques jours après l'annonce par Manuel Valls d'une évacuation de la ZAD. 

"Est-il pertinent de faire prendre des risques pour une infrastructure inadaptée, comme l'ont dit les experts indépendants? N'y a-t-il pas actuellement d'autres priorités pour la nation"?, s'est interrogée la ministre, également en charge des Transports.

Pour Ségolène Royal, les conséquences d'un affrontement entre zadistes et forces de l'ordre pourraient être dramatiques. "Imaginons qu'il y ait mort d'homme, parmi les forces de l'ordre ou du côté des manifestants. Ce serait gravissime!", prévient-elle. En octobre 2014, Rémi Fraisse, un jeune écologiste, avait trouvé la mort lors d'un affrontement avec des gendarmes sur le chantier du barrage de Sivens, dans le Tarn. 

De son côté, François Hollande a affirmé, selon les extraits du livre Un président ne devrait pas dire ça..., que l'aéroport "ne verra(it) pas le jour". Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a toutefois ajouté que ces propos n'étaient plus d'actualité, le référendum (de juin) approuvant sa construction étant intervenu entre-temps.

La cour administrative d'appel de Nantes examinera le 7 novembre les recours déposés par les opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, contre les arrêtés préfectoraux autorisant les travaux.

M.H. avec AFP