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Nicolas Sarkozy presse les maires de lutter contre les déficits

Nicolas Sarkozy aux côtés de Jacques Pélissard (à gauche), président de l'Association des maires de France et André Laignel, secrétaire général de l'AMF. Lors du 93e congrès annuel des maires de France, le chef de l'Etat a pressé les collectivités locales

Nicolas Sarkozy aux côtés de Jacques Pélissard (à gauche), président de l'Association des maires de France et André Laignel, secrétaire général de l'AMF. Lors du 93e congrès annuel des maires de France, le chef de l'Etat a pressé les collectivités locales - -

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a pressé mardi les collectivités locales d'assumer leur part dans la lutte contre les déficits, déclarant que...

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a pressé mardi les collectivités locales d'assumer leur part dans la lutte contre les déficits, déclarant que l'Etat ne pouvait réussir seul dans cette politique.

Intervenant à la tribune du 93e congrès annuel des maires de France, il a aussi justifié la réforme des collectivités territoriales votée au terme de débats animés, tentant de répondre aux craintes qu'elles suscitent chez les élus locaux.

"Est-ce que vous pensez que vos concitoyens ont envie de se retrouver dans la situation de la Grèce, de l'Irlande ou d'autres pays ? Est-ce que vous pensez qu'ils nous féliciteraient si on était obligé de faire la quête sur les marchés internationaux si notre dette était dégradée", a-t-il dit dans une allusion aux plans de sauvetage européens mis en oeuvre pour Athènes et Dublin.

S'il a présenté la France comme un des "deux pays solides de l'Europe" avec l'Allemagne, il a estimé qu'elle n'était pas guérie de "la maladie des déficits et de l'endettement" et qu'elle ne pouvait s'en sortir qu'en agissant sur les dépenses de l'Etat, qui contribuent à 35% de la dépense publique.

"Il n'y a pas d'un côté le contribuable national et de l'autre côté le contribuable local, c'est le même, d'un côté la mauvaise dette, celle de l'Etat, de l'autre les bonnes dépenses, celles des collectivités".

"Nous devons apprendre à vivre dans un monde où la ressource n'est plus infinie et où l'utilisation de l'argent public doit sans cesse être repensée", a-t-il encore dit.

Nicolas Sarkozy avait fait l'impasse sur le congrès des maires 2010, organisé à un moment où les élus étaient vent debout contre la réforme des collectivités territoriales et la suppression de la taxe professionnelle, leur principale ressource financière.

LES CHOSES SE CALMENT

Un an plus tard, les amendements votés au projet de loi, favorables dans leur grande majorité à l'échelon communal, et la création d'un nouvel impôt local fondé sur la valeur ajoutée ont permis de pacifier l'atmosphère avec les maires.

Au moment où l'opposition à une autre réforme, celle des retraites, s'étiole, le président de la République a voulu établir un parallèle entre les deux situations.

"Il n'existe pas de grande réformes sans qu'il y ait des grands débats et des grandes oppositions. Et une fois que la réforme est faite, les choses se calment comme par miracle, comme si le pays reprenait son souffle, comme si chacun à son tour réfléchissait", a-t-il estimé.

Pour le reste, il a accédé à une revendication récurrente des édiles en annonçant un moratoire sur l'imposition de nouvelles normes aux municipalités.

La suppression de certaines d'entre elles sera même envisagée quand l'Etat étudiera l'an prochain, comme il l'a promis, la possibilité de délégiférer sur des textes trop complexes ou trop éloignés de la réalité du terrain.

Accueillant le chef de l'Etat, le président de l'Association des maires de France, Jacques Pélissard, avait plaide pour "plus de souplesse" dans la mise en oeuvre des normes d'accessibilité pour les handicapés.

Nicolas Sarkozy a préféré insister dans sa réponse sur la nécessité de simplifier le code de l'urbanisme ou les normes pour la construction de logements.

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse