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Nicolas Sarkozy persiste et signe sur les radars

En déplacement dans le Var, Nicolas Sarkozy, a refusé de revenir sur la décision de retirer les panneaux routiers signalant la présence de radars, en dépit des protestations des députés UMP. /Photo prise le 12 mai 2011/REUTERS/Régis Duvignau

En déplacement dans le Var, Nicolas Sarkozy, a refusé de revenir sur la décision de retirer les panneaux routiers signalant la présence de radars, en dépit des protestations des députés UMP. /Photo prise le 12 mai 2011/REUTERS/Régis Duvignau - -

LA LONDE-LES-MAURES, Var (Reuters) - Pas question de revenir sur la décision de retirer les panneaux routiers signalant la présence de radars, en...

LA LONDE-LES-MAURES, Var (Reuters) - Pas question de revenir sur la décision de retirer les panneaux routiers signalant la présence de radars, en dépit des protestations des députés UMP, a déclaré jeudi Nicolas Sarkozy.

En déplacement dans le Var, le chef de l'Etat a fait valoir l'importance de faire baisser le nombre de morts sur les routes en France - environ 4.000 par an.

"Je ne laisserai pas repartir le nombre de morts sur la route à la hausse. Je ne cèderai pas sur cet objectif", a-t-il déclaré lors de l'inauguration d'une gendarmerie à La Londe-Les Maures (Var).

"Et à ceux qui protestent, je leur demande d'imaginer le scénario catastrophe qui peut arriver à chacun d'entre nous. Personne n'est protégé", a ajouté le président, qui était accompagné par le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant.

Des députés UMP ont réclamé un moratoire sur la question des radars, la plus contestée d'un ensemble de dispositions annoncées la semaine dernière pour améliorer la sécurité routière.

"Je comprends l'agacement mais le ministre de l'Intérieur a trouvé une voie et des moyens pour apaiser les inquiétudes", a dit le président.

Le nombre de morts sur les routes françaises a augmenté de 19,9% en avril (355 décès) par rapport au même mois en 2010. Le nombre de tués sur les routes est en hausse de 13% sur les quatre premiers mois de l'année.

Les accidents de la route font environ 4.000 morts chaque année en France et "la moitié de ces personnes sont totalement innocentes", a rappelé Nicolas Sarkozy.

"Elles ont eu comme seule responsabilité d'avoir croisé un chauffard, un assassin sur leur chemin", a ajouté le chef de l'Etat. "Dans 50% des cas, c'est un homme qui conduit trop vite, qui a trop bu, qui n'a pas respecté les règles".

VITESSE ET ALCOOL AU VOLANT

La décision de retirer les panneaux signalant la présence de radars a provoqué un tollé chez les députés UMP. Claude Guéant a assuré mercredi que le gouvernement ne reviendrait pas sur cette question.

Le président du groupe UMP, Christian Jacob, qui a reconnu des divergences entre gouvernement et majorité sur "l'application" des mesures, a annoncé la mise en place la semaine prochaine d'un "comité de liaison" sur ce sujet entre le groupe et le ministère de l'Intérieur.

Une mission d'information parlementaire sur les causes de la hausse de la mortalité routière sera aussi créée.

Outre la question des radars, le gouvernement a décidé de durcir les sanctions contre la vitesse et l'alcool, première cause de mortalité au volant.

Conduire avec un taux d'alcoolémie supérieur au taux légal multiplie par huit le risque d'accidents mortels, selon des statistiques de la Sécurité routière.

Les excès de vitesse de plus de 50 km/h seront désormais des délits en première instance alors qu'ils étaient jusqu'à présent ainsi qualifiés juridiquement uniquement en cas de récidive.

Actuellement, un excès de vitesse de plus de 50 km/h est sanctionné d'une amende de 1.500 euros et d'un retrait de six points du permis de conduire en première infraction.

Selon le gouvernement, au moins 770 vies pourraient être sauvées par an si les limitations de vitesse étaient respectées par tous.

Les autres comportements "à risque" comme l'utilisation d'un téléphone au volant, l'envoi de 'textos', la visualisation d'internet ou d'autres écrans pendant la conduite seront plus durement sanctionnés.

Jean-François Rosnoblet, avec Elizabeth Pineau à Paris, édité par Patrick Vignal