BFMTV

Nicolas Sarkozy dramatise les enjeux du Conseil européen

Nicolas Sarkozy à Nice sur le chantier de construction du nouveau stade. Le chef de l'Etat a dramatisé mardi les enjeux du Conseil européen de dimanche, où France et Allemagne doivent présenter une solution "durable et globale" à la crise de la zone euro,

Nicolas Sarkozy à Nice sur le chantier de construction du nouveau stade. Le chef de l'Etat a dramatisé mardi les enjeux du Conseil européen de dimanche, où France et Allemagne doivent présenter une solution "durable et globale" à la crise de la zone euro, - -

par Yann Le Guernigou NICE (Reuters) - Nicolas Sarkozy a dramatisé mardi les enjeux du Conseil européen de dimanche, où France et Allemagne doivent...

par Yann Le Guernigou

NICE (Reuters) - Nicolas Sarkozy a dramatisé mardi les enjeux du Conseil européen de dimanche, où France et Allemagne doivent présenter une solution "durable et globale" à la crise de la zone euro, en déclarant que le destin du Vieux Continent se jouait maintenant.

Deux jours après la victoire de François Hollande à la primaire socialiste en vue de la présidentielle, il s'est voulu fidèle à l'image de président de crise que vantent ses partisans en défendant également le bien fondé, dans l'environnement actuel, de réformes "douloureuses" comme celle des retraites.

Lors du petit déjeuner hebdomadaire de la majorité, mardi matin à l'Elysée, le président de la République "a clairement dit que c'était un moment important et que le destin de l'Europe se jouait dans les jours à venir", a rapporté un participant.

Plus tard, lors d'un déplacement à Nice consacré à la formation et à l'insertion professionnelle des jeunes, il a indiqué que des décisions "très importantes" seraient prises pour répondre à la crise financière, l'enjeu étant selon lui de préserver la construction européenne et l'euro.

"L'euro, c'est le coeur de la construction européenne. Laisser détruire l'euro, c'est prendre le risque de détruire l'Europe", a-t-il dit en estimant que, seule, la France ne résisterait pas à la tourmente actuelle.

Il a déclaré que les pays les plus touchés - Grèce, Portugal et Espagne - n'avaient "pas fait les réformes que je vous ai demandé d'accepter", dont celle des retraites, et se trouvaient aujourd'hui contraints de baisser salaires et pensions.

Au passage, il a accusé les socialistes d'avoir, en abaissant de 65 à 60 ans l'âge de la retraite, "préparé le désastre de l'équilibre financier de nos régimes de retraite", dont il a fallu "réparer les conséquences".

PRINCIPE DE RÉALITÉ

"Jamais je n'accepterai que la France soit dans la situation de dépendance dans laquelle se trouvent un certain nombre de pays dont les hommes politiques n'ont pas eu, au moment où il le fallait, le courage d'assumer et de prendre les décisions qu'ils auraient du prendre", a-t-il encore dit.

Alors que l'UMP se plaît à présenter François Hollande comme le symbole d'une "gauche molle" et incapable de prendre des décisions, Nicolas Sarkozy a estimé que, si la France ne se trouve pas dans cette situation, c'est "parce que nous avons fait les réformes et pris les décisions quand il fallait les prendre".

En public à Nice, le chef de l'Etat s'est abstenu de la moindre allusion directe à la victoire du député de la Corrèze à la primaire PS.

Mais il a abordé le sujet lors du petit déjeuner de la majorité en demandant une nouvelle fois à ses dirigeants de défendre le bilan de son quinquennat et de dénoncer le projet du

PS.

A propos de ce dernier, il a déclaré que "le principe de réalité" s'était imposé au bout de deux ans de pouvoir au président socialiste François Mitterrand, avec le tournant de la rigueur en 1983, pour ajouter : "Aujourd'hui, ça prendrait huit à dix jours".

Toujours selon un participant, il a évoqué sa situation personnelle en déclarant que "ce n'est pas la presse ni les socialistes qui décideront de mon calendrier" d'entrée en campagne électorale, Nicolas Sarkozy n'entendant pas, à ce stade, confirmer sa propre candidature avant le début de l'année prochaine.

avec Emile Picy et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse